Valais Libre

21 février 2018

366 histoires suisses

21 février – Albert de Haller (1735)

Albert de Haller

De utilitae anatomiae pro relevandis systematibus praticis falsis. En prononçant ce discours ce 21 février 1735 à Berne, le jeune médecin Albert de Haller prend une dimension européenne. L’ouverture du premier institut d’anatomie en pays bernois va donner un élan décisif à la compréhension du fonctionnement du corps humain.

De Haller a 27 ans, il est d’une intelligence précoce. Il étudie la médecine à Tübingen et à Leyde sous la direction d’éminent docteur. Il passera son doctorat à 19 ans. Il parcourt ensuite le pays avec un ami d’étude et composera un poème resté célèbre: Die Alpen.

Rentré à Berne, il devient médecin et ouvre en 1735 un théâtre anatomique voué à la dissection des cadavres, à l’enseignement et au perfectionnement de ses collègues. Mais devant le peu d’empressement des autorités à le soutenir, il accepte la chaire d’anatomie, de chirurgie et de botanique à Göttingen. Il sera le créateur du Jardin botanique et de l’institut d’anatomie de l’université.

Il rentre à Berne en 1753, mais malgré une aura européenne, il aura toujours de la peine à se faire reconnaître par les siens. Il est nommé directeur des salines de Bex en 1758. La visite que lui fera l’empereur François d’Autriche juste avant sa mort impressionnera ses contemporains.

Sa légende raconte qu’au moment de mourir en 1777, le pouce droit sur l’artère du poignet gauche, il prononça ses dernières paroles: Il ne bat plus…

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20 février 2018

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20 février – Romanche, langue officielle (1938)

91,6 % de Oui, l’unanimité des cantons, l’arrêté fédéral modifiant les articles 107 et 116 de la Constitution fédérale ne fait pas un pli. En ce dimanche 20 février 1938, les 54 % des électeurs qui se sont rendus aux urnes ont fait du romanche la quatrième langue nationale. Langue nationale, mais pas officielle, tous les textes des autorités ne seront pas obligatoirement traduits dans les 4 langues.

Localisée dans les Grisons, les langues romanches comprennent 4 versions écrites: Le sursilvan, le romanche d’Engadine ou ladin, le sutsilvan et le surmiran. Chacune dominait dans une région ou une vallée. En 1982, la ligue romanche a standardisé l’écrit en adoptant le Rumantsch Grischun qui est aujourd’hui enseigné dans les écoles.

Le rhétique ancien se serait mélangé au latin vulgaire au moment des conquêtes romaines pour donner naissance au rhéto-romanche. La langue a ensuite évolué différemment selon les vallées. Ce n’est qu’au XVIe siècle que le besoin d’une langue écrite est apparu pour le culte, l’instruction religieuse, puis pour l’école.

À la fin du 19e et au début du 20e siècle, un mouvement pour la préservation de ce patrimoine culturel est né. Il aboutira par l’adoption de l’arrêté fédéral qui est une reconnaissance de la culture romanche. Aujourd’hui, environ 60 000 personnes parlent le romanche dont un peu plus de la moitié comme langue principale.

19 février 2018

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19 février – Acte de Médiation (1803)

Bonaparte, premier Consul de la République, Président de la République italienne, aux Suisses.

L’Helvétie, en proie aux dissensions, était menacée de dissolution : elle ne pouvait trouver en elle-même les moyens de se reconstituer. L’ancienne affection de la nation française pour ce peuple recommandable, qu’elle a récemment défendu par ses armes et fait reconnaître comme puissance par ses traités; l’intérêt de la France et de la République italienne, dont la Suisse couvre les frontières; la demande du sénat, celle des cantons démocratiques, le voeu du peuple helvétique tout entier, nous a fait un devoir d’interposer notre médiation entre les partis qui le divisent.

La République helvétique a vécu, on revient à la Confédération Suisse, les fédéralistes l’ont emporté sur la volonté centralisatrice. Bonaparte l’a voulu, non pas par amour des anciennes institutions, mais pour s’assurer la docilité de la Suisse.

L’Acte de Médiation porte à 19 le nombre de cantons en érigeant six pays alliés et sujets en cantons souverains. Argovie, Vaud, Thurgovie, Saint-Gall, le Tessin et les Grisons complètent la Confédération des 19 cantons. Certaines parties de la Suisse sont annexées à la France, comme Genève, Mulhouse et la région de Delémont. Le Valais est érigé en république indépendante. Neuchâtel conserve son statut hybride de principauté et canton.

La Suisse vivra douze ans sous ce régime. En 1815, après la chute de Napoléon et le Congrès de Vienne, elle entrera dans ses frontières actuelles.

18 février 2018

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18 février – La fin d’une grande famille (1218)

Berthold V

Berthold V de Zähringen sera le dernier de la lignée des ducs de Zähringen. À sa mort ce 18 février 1218, il ne laisse pas de successeur. Son duché éclate et la plupart de ses terres sises dans la Suisse actuelle dépendent directement de l’Empereur.

La famille est issue d’un château fort de la région de Fribourg en Brisgau. Les Zähringen ont été de grands bâtisseurs. Berthold V vient réprimer différentes révoltes en terre vaudoise et bernoise en cette année 1191. Il s’inquiète du fait qu’entre Thoune et Bargen, proche du lac de Bienne, il n’y ait pas de pont sur l’Aar.

La légende veut que le duc Berthold V tue un ours près d’une boucle de l’Aar et qu’il choisisse cet endroit pour bâtir son pont. La légende est belle, mais l’histoire retiendra que l’endroit est favorable et qu’il permet une route plus directe entre Berthoud, le centre névralgique du duché, et la Bourgogne.

Peu à peu Berne grandit autour du passage et de la forteresse qui a été érigée. Point d’appui militaire au départ, la ville deviendra un centre de commerce. Orpheline à la mort de son créateur, la ville profitera de l’immédiateté impériale pour se développer et lier son destin avec ses voisins Waldstätten.

17 février 2018

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17 février – Une espionne de Louis XIV (1690)

La Tour des Prisons de Berne est un lieu peu recommandable en cette fin de 17e siècle. On y torture en ce 17 février 1690. Une femme de 45 ans est suspendue par les pouces, serrée dans une cotte de fils d’archal, fil de métal. Catherine de Watteville avoue, elle se rétractera plus tard, mais en vain.

La traitresse est reconnue coupable d’espionnage au profit de la France. C’est une agente de Louis XIV. Il ne reste presque pas de trace de son procès. Secret d’État oblige. Beaucoup de monde est éclaboussé par le scandale. Le rapport des autorités est succinct et les pièces du dossier enfermées dans un coffre de fer qui disparaît.

Catherine de Watteville est condamnée à mort, mais sa famille obtient que sa peine soit commuée en un bannissement à vie. Elle est exilée à Valangin sur les hauts de Neuchâtel. Ainsi se terminent les aventures d’un véritable garçon manqué qui détonnait dans son siècle

Elle mourra en 1714 à Valangin. Ses aventures ont inspiré de nombreux peintres et écrivains.

16 février 2018

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16 février – Béat-Louis de Muralt (1701)

Les Anglais valent mieux qu’ils ne paraissent. Ils tiennent à leurs libertés et ne craignent pas de heurter les préjugés. Il y a chez eux un petit reste de férocité qui est le fond de leur ancien caractère. Les Français, eux, sont faits pour la société, ils veulent paraître, ils font leur bonheur à être crus heureux (…) Mais la grande qualité des Français est la bonté; ils sont de toutes les nations la plus humaine.

Dans ses Lettres sur les Anglais et les Français, Béat-Louis de Muralt se fait connaître au-delà de son exil de Neuchâtel. L’homme de lettres, considéré comme l’écrivain de langue française le plus remarquable que la Suisse ait connu jusqu’au milieu du 17e siècle, est né en 1665 à Berne.

Ce 16 février 1701, il doit s’exiler, son protestantisme piétiste devient suspect pour Leurs Excellences de Berne. Le piétisme est un mouvement luthérien qui accorde une plus grande importance à la foi et à la piété personnelle qu’à la connaissance des textes sacrés. Béat-Louis de Muralt s’installe alors à Colombier dans le canton de Neuchâtel.

Il publiera 4 ouvrages de son vivant et un recueil de fables paraîtra après sa mort. Si son dernier livre, Lettres fanatiques l’emporte dans un mysticisme visionnaire et apocalyptique, seules ses Lettres sur les Anglais et les Français marqueront les esprits.

15 février 2018

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15 février – Charles-Edouard Guillaume (1861)

Charles-Édouard Guillaume

Si l’on examine l’origine de toutes les révolutions scientifiques… on voit qu’elles ont eu pour point de départ une mesure faite avec toute la précision que leur époque permettait d’atteindre, et je me suis persuadé que rien n’est plus définitivement fécond en science que le gain d’une décimale.

Né ce 15 février 1861 à Fleurier d’un père artisan horloger, Charles-Edouard Guillaume a baigné dès son plus jeune âge dans l’univers des mesures. Il va oeuvrer toute sa vie à l’amélioration des techniques. Après des études en physique et mathématiques au Poly de Zurich, il va entrer, en 1883, au Bureau international des poids et mesures à Paris.

Il va inventer plusieurs alliages, invar, élinvar et platinite, avec un très faible coefficient de dilatation. Ils permettent aux montres une marche régulière quelle que soit la température. Ils assurent également la stabilité des poids et mesures étalons. Dès 1915, il sera directeur du Bureau des poids et mesures et ceci jusqu’en 1936, deux ans avant sa mort.

En 1920, le Prix Nobel de physique viendra couronner ses travaux et sa contribution à la science.

14 février 2018

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14 février – Haute-Ligue (1395)

Ligues grisonnes

À Disentis, personne ne peut deviner trois choses: le temps d’avril, les prix du marché de Lugano et l’humeur de la landsgemeinde. Le vieux proverbe grison qui affirme cette sentence sans appel montre la versatilité des assemblées populaires des Grisons.

C’est le 14 février 1395 que s’unissent les gens de la vallée du Rhin à Ilanz. Sous la direction de l’abbé de Disentis, Jean d’Ilanz, les délégués des 21 juridictions des vallées du Rhin antérieur et postérieur concluent une alliance perpétuelle avec le baron Ulrich II de Rhäzüns et le baron Albert von Sax-Misox.

D’incessantes guerres privées décimaient la région. La rivalité avec l’évêque de Coire était grande. L’artisanat et le commerce souffraient de cette instabilité. L’alliance voulait restaurer la sécurité sur les routes, assurer les activités commerciales et donner un cours normal à la justice. Elle prévoyait des peines sévères contre l’assassinat, le meurtre, le pillage ou encore l’incendie volontaire.

Cette Haute-Ligue fut plusieurs fois renouvelée, dont le 16 mars 1424 sous le célèbre érable de Trun. Dès lors elle fut plus communément appelée Ligue Grise à cause de la couleur du vêtement en laine porté par les habitants de la région. Elle noua petit à petit des liens étroits avec les deux autres ligues pour finalement aboutir au canton des Grisons.

Ce nom Grisons découle directement de l’appellation de la Ligue Grise. La Ligue disparut avec la République helvétique de 1798, mais joua encore un rôle prépondérant dans la région de 1803 à 1854.

13 février 2018

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13 février – Quand le Valais se déchire (1510)

Mathieu Schiner / Georges Supersaxo

Georges Supersaxo, Mathieu Schiner; un couple historique, un couple inséparable, un couple maudit. Ils ont écrit une page tragique de l’histoire du Valais. Deux personnes au rayonnement européen qui, l’une à Rome, l’autre à Milan avec encore Jost Silenen à Paris, auraient pu faire du Valais une puissance européenne. Malheureusement leur rivalité mettra tout à terre.

Ce 13 février 1510, Georges Supersaxo, qui a réuni de force une Diète des dizains supérieurs à Viège, lui fait voter une alliance avec la France. L’évêque de Sion, Mathieu Schiner, l’avait expressément interdite. Rentrant de Rome le lendemain, l’évêque est arrêté au pont de Naters et doit reconnaître l’alliance.

Libéré, il rentre à Sion, convoque la Diète et annule l’alliance. Supersaxo lève la Matze contre Schiner, celui-ci l’excommunie. La lutte va tourner d’abord à l’avantage de l’évêque qui fait déclarer Supersaxo rebelle et banni, mais après la défaite de Marignan, Georges Supersaxo revient en force sur le Valais.

Le pays est déchiré, le peuple victime des vengeances de l’un et de l’autre. Schiner meurt de la peste à Rome en 1522 après avoir frisé l’élection à la papauté, Georges Supersaxo meurt à Vevey en 1529 après un dernier bannissement du Valais.

12 février 2018

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12 février – Un maître horloger à Neuchâtel (1703)

Daniel Jean-Richard

Cet art fut introduit en 1679 par un des habitants, qui rapporta d’Angleterre la première montre qui eût paru dans ces contrées. Un appelé Jeanrichard l’examina, en étudia le mécanisme avec soin, employa plus d’une année à inventer et exécuter les outils nécessaires et aidé de son seul talent, il fit une montre complète…

Ces mots de Madame de la Briche qui tenait salon à Paris en 1785, montre que l’histoire du jeune Daniel Jean-Richard a essaimée loin à la ronde. La prouesse du jeune homme, né à La Sagne en 1665, est considérée comme le début de l’horlogerie dans les montagnes jurassiennes.

La légende prétend aussi, qu’avant la réalisation de cette montre, le jeune homme aurait réparé la montre venue d’Angleterre. Son père aurait voulu l’en empêcher, ne faisant pas confiance à son fils, mais le propriétaire ayant rétorqué que peu importe s’il l’abimait, comme elle ne fonctionnait plus autant laisser le jeune homme tenter l’affaire. Daniel, dit Bressel, réussit.

Légende ou réalité, la question reste posée. Toujours est-il que ce 12 février 1703, le perruquier et notaire Jacques Sandoz note dans son livre de compte: Daniel Jean-Richard fut icy, je lui payai mon rhabillage d’horloge. Entre temps, Daniel Jean-Richard alla à Genève étudier les techniques.

Il est aujourd’hui considéré comme le pionnier de cette industrie à Neuchâtel. Hans Herni chargé de décorer la salle de conférence du Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds en 1974, y peint le jeune pionnier.

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