Valais Libre

25 juin 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

25 juin 1968 – Premier noir à la Chambre des communes

Lincoln Alexander

Lincoln Alexander

Une mince marge de moins de 350 voix sera suffisante pour que ce 25 juin 1968 entre dans l’histoire des noirs au Canada. Lincoln Alexander est élu pour le parti progressiste-conservateur dans la circonscription de Hamilton-Ouest en Ontario. Il devient ainsi le premier noir à siéger à la Chambre des communes. L’avocat de 46 ans crée une surprise et débute une carrière politique qui fera de lui le premier ministre de race noire au Canada en 1979 lorsqu’il deviendra ministre du Travail. Il sera aussi un pionnier des minorités en devenant lieutenant-gouverneur de l’Ontario en 1985.

Né à Toronto le 21 janvier 1922, Lincoln Alexander est fils d’immigrants antillais. Il servira comme caporal dans l’Aviation royale du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale avant de commencer des études supérieures en droit. Il deviendra un des premiers noirs à exercer comme avocat en Ontario. Il entrera en politique en 1965, mais ne sera pas élu. Son score brillant lui permet d’être candidat naturel de son parti pour les élections de 1968 qui verront les libéraux de Pierre-Eliott Trudeau conserver le pouvoir.

[…] exemple à suivre en matière de détermination, d’humilité et de service. Il s’est toujours battu pour l’égalité des droits pour toutes les ethnies dans notre société et, sans malice, il a fait changer les attitudes et a contribué grandement à l’inclusion et à la tolérance du Canada aujourd’hui. En 2013, peu de temps après la mort de Lincoln Alexander survenue le 19 octobre 2012, l’Assemblée législative de l’Ontario déclare le 21 janvier comme journée Lincoln Alexander. Cette journée sera observée pour la première fois en 2015 à travers tout le pays.

 

24 juin 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

24 juin 1968 – Lundi de la matraque

Couverture du livre Le Lundi de la matraque, éditions Parti Pris, 1968

Couverture du livre Le Lundi de la matraque, éditions Parti Pris, 1968

Il y eut dans l’estrade des «mouvements divers», comme disent les comptes rendus d’assemblées, peut-être même un début de panique quand presque tous les notables se levèrent pour sortir. Un agent préposé à ma sécurité personnelle tenta aussi de me faire battre en retraite, mais sans succès. Je n’avais pas du tout envie d’obéir à une violence aussi saugrenue. Je déteste la violence. Démocrate, je n’admets pas qu’une infime minorité d’agitateurs tente de chasser à coups de pierres les invités de la majorité.

Pierre-Eliott Trudeau est fidèle à lui-même. Il a fait face aux manifestants. Il est resté en place, le sourire aux lèvres, ce 24 juin 1968. Le défilé de la Saint-Jean-Baptiste a dégénéré à Montréal. La présence du premier ministre du Canada dans l’estrade d’honneur échauffe les esprits. L’émeute éclate. Des drapeaux canadiens sont brûlés, des voitures de police renversées et des projectiles sont même lancés en direction de Pierre Elliott Trudeau. Les policiers perdent rapidement le contrôle de la situation et chargent sans distinction sur tout ceux qui semblent manifester.

Je vois également une vieille femme d’environ 70 ans, étendue de tout son long sur la chaussée, à quelques pas des sabots d’un cheval. Je vois des tas de policiers la chemise ensanglantée. Pierre Cloutier du Montréal Matin décrit des scènes de grande violence. Le bilan de l’émeute sera 292 arrestations dont celles de 81 mineurs, 123 blessés dont 42 policiers, auxquels il faut ajouter 12 auto-patrouilles brûlées et six chevaux blessés. Claude-Jean de Virieux, journaliste à Radio-Canada, qui avait décrit le défilé comme étant le lundi de la matraque sera suspendu.

23 juin 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

23 juin 1759 – Les Anglais devant l’île d’Orléans

Les positions anglaises devant Québec en juin 1759

Les positions anglaises devant Québec en juin 1759

40 vaisseaux de guerre, 80 transports et 60 bateaux, la flotte anglaise est imposante. Aux bords de cette armada: 15 000 marins et 9 000 soldats, la flotte commandée par l’amiral Charles Saunders jette l’ancre devant l’île d’Orléans ce 23 juin 1759. La ville n’est défendue que par 2 900 hommes de l’armée régulière renforcée par près de 13 000 miliciens et Indiens alliés. Heureusement, elle est naturellement fortifiée et protégée par les falaises qui l’entourent de trois côtés. Tout est en place pour que se joue le sort de la Nouvelle-France.

Les Anglais ont décidé d’en finir avec la colonie française. La guerre de Sept Ans fait rage et, contrairement aux Français, les Britanniques donnent beaucoup d’importance à la campagne d’Amérique. Après la chute de la forteresse de Louisbourg à la fin juillet 1758, le Saint-Laurent est ouvert à la flotte britannique. Dès le mois de février 1759, une partie des forces quitte l’Angleterre. Elle se regroupe à Halifax avec les forces venues de Nouvelle-Angleterre. Au début du mois de mai, une avant-garde est envoyée dans le Saint-Laurent.

Les Français misaient sur les difficultés de navigation dans le fleuve. En 1711, une autre armada imposante, celle de Walker, avait fait naufrage à l’île aux Oeufs et n’avait jamais atteint Québec. Cette fois les Anglais se préparent minutieusement. James Cook, le futur explorateur du Pacifique et quelques autres marins expérimentés ont compilé minutieusement toutes les cartes existantes, fait parler des prisonniers français et remontent le fleuve en avant-garde en le sondant minutieusement et en posant des balises. Ce travail porte ses fruits, la flotte de l’amiral Saunders avance lentement, mais elle arrive sans encombre devant Québec. Le siège de Québec peut commencer.

5 ans au Québec – épisode 25

Filed under: Uncategorized — vslibre @ 4 h 30 min

Le pays de l’humour

Yann Lambiel et Pierre Naftule étaient mes hôtes en 2013 pour un grand moment d’humour et d’amitié.

« Non, mais je vous rassure, je ne suis pas si méchante en réalité et en plus c’est Louis qui écrit les textes du spectacle ! » Véronique Cloutier se sent obligée d’un aparté avec les spectateurs, car elle est vraiment assez vache avec son mari. Elle peut bien tenter de s’excuser, nous le savons, nous les hommes du Québec qu’ici c’est les femmes qui commandent.

Mes lecteurs masculins me diront que c’est un peu partout pareil à travers le monde, mais non, j’ai testé deux pays et le Québec arrive premier ! En plus, celle qui est sur scène est une des femmes incontournables du Québec. Véro est partout, à la télé, à la radio, dans son magazine, etc., et on lui demande son avis sur tout.

À 43 ans, la Montréalaise enchaîne les succès et même quand ça va moins bien, comme avec sa dernière émission « Mon beau programme , de sa propre chaîne Véro.tv qu’on trouve sur l’application Tou.tv de Radio-Canada, et bien elle s’en sort avec honneur pour mieux repartir dans un nouveau projet.

Une femme en or qui, même si elle n’a que son diplôme de secondaire, n’hésite pas à dire: « Les filles ne vous laissez pas baratiner par un universitaire, vous êtes capable de gagner beaucoup plus d’argent que lui ! » Tout ça en ayant trois enfants encore jeunes et qui ne sont pas de tout repos à garder si on en croit l’appel Skype qu’elle a passé durant le spectacle.

Parce qu’en plus elle se débrouille bien sur scène, même si ça devrait être la spécialité de son mari Louis Morisette. L’acteur, scénariste et humoriste a quelques mois de plus que sa conjointe, mais il est dépassé à peu près sur tout le reste, sauf peut-être sur sa capacité d’autodérision. C’est un peu notre arme ultime à nous les hommes.

Pourtant, ce n’est pas le succès qui manque à l’auteur de nombreux « Bye Bye », l’émission phare du dernier jour de l’année sur Radio-Canada. Aujourd’hui, la série Plan B connaît un franc succès, mais tout ça n’est rien à côté de l’omniprésence de sa femme (j’exagère un peu, mais que voulez-vous, je dois bien me plier aux règles de mon pays d’accueil: les femmes sont meilleures…)

Même si Véro tenait que sur le logo présenté pour leurs nouvelles aventures, le V soit infiniment plus grand que le L, le spectacle que j’ai dégusté aux côtés de ma blonde en fin de semaine dernière s’appelait « Les Morissette » et dans un pays où il n’est pas question que les femmes osent même imaginer dans un cauchemar prendre le nom de leur mari, c’est un très beau succès.

Le Québec est un peu l’Eldorado de l’humour. L’École nationale de l’humour y est pour beaucoup. Louis Morissette est un finissant de l’année 1996 et cette école fournit régulièrement des artistes de talents. Montréal a son festival « Juste pour rire », la ville de Québec n’est pas en reste avec « ComediHa! »

Anciennement appelé « Grand Rire », ce festival d’humour qui fait sourire la ville au début juin me vaut quelques excellents souvenirs. C’est là que j’ai fait la connaissance de Yann Lambiel, je l’ai suivi quelques années pour Rhône FM. Il est venu manger à la maison avec Pierre Naftule, un grand moment inoubliable.

Être loin de son pays, c’est aussi l’occasion de rencontres inimaginables avec des compatriotes.

Il y a 150 ans dans le Confédéré… dimanche 23 juin 1867

Filed under: c. calendrier historique du Valais — vslibre @ 3 h 00 min
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Dépenses impériales, succession difficile, vols londoniens et sultan inquisiteur…

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22 juin 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Filed under: e. Auteurs québécois — vslibre @ 10 h 30 min
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Gratien Gelinas (1909-1999)

Gratin Gélinas

Gratin Gélinas

Gratien Gélinas est né à Sainte-Tite en Mauricie dans un milieu pauvre. Il est encore très jeune lorsque sa famille décide de s’installer à Montréal. En 1928, il doit quitter le collège de Montréal où il suivait des études classiques. Il doit travailler pour aider sa famille. Il fonde alors, avec quelques camarades, une troupe de théâtre amateur.

Dès 1934, il travaillera pour la toute jeune Radio-Canada où il décroche un rôle dans un radio-roman. Dès 1937, Le Carousel de la gaité, une émission humoristique dont il est l’auteur, donnera à Gratien Gélinas et à son personnage Fridolin, la notoriété. Sa carrière théâtrale est lancée. Fridolinons est une revue annuelle tirée des incartades du personnage qui fera le tour de la Province.

En 1948, Tit-Coq, une pièce qui raconte les déboires d’un bâtard, militaire au chômage, sera un très grand succès. Gélinas est un auteur et un acteur de théâtre reconnu. Il jette les bases de l’art dramatique québécois.Il enchaînera ensuite des pièces qui dépeignent la société québécoise. Il travaillera aussi pour le cinéma à la fin de sa carrière. Il meurt aux Deux Montagnes, proches de Montréal, en 1999.

Bousille et les justes (1959)

gelinas-livreAimé Grenon est accusé de meurtre. La famille Grenon se retrouve donc dans un hôtel de Montréal afin de suivre le procès. Il faut absolument que ce fils de bonne famille s’en sorte, sinon la honte va leur devenir insupportable et ils devront quitter Sainte-Tite. Ces petits bourgeois honnêtes, catholiques et bien-pensants sont prêts à tout pour disculper un des leurs.

Ils ont à leur service Bousille, un simple d’esprit. Il est le seul témoin de la bagarre entre Aimé Grenon et Bruno Maltais qui est décédé parce qu’il courtisait la soi-disant fiancée d’Aimé. Bousille a entendu des paroles compromettantes qui pourrait faire condamner le fils Grenon pour préméditation. La thèse de l’accident ne tient pas si Bousille dit toute la vérité.

Henri et Phil, les beaux-frères vont le convaincre de la loyauté nécessaire à la famille. Bousille ne peut pas se parjurer, il a trop peur du jugement de Dieu. Ruse et violence permettront de le convaincre. Il omettra le passage compromettant. Pendant que la famille fête l’acquittement d’Aimé, un téléphone leur apprend qu’en rentrant à Sainte-Tite, Bousille s’est pendu.

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

22 juin 1960 – Victoire de Jean Lesage

Jean Lesage, célèbrant la victoire des siens en compagnie de ses deux candidats vedettes, René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie

Jean Lesage, célèbrant la victoire des siens en compagnie de ses deux candidats vedettes, René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie

C’est le temps que ça change ! Le slogan du Parti libéral de Jean Lesage n’aura rarement aussi collé aux volontés de la population. Ce 22 juin 1960, l’équipe du tonnerre de Jean Lesage remporte les élections avec 51,4 % des voix, faisant élire 51 députés à l’Assemblée nationale, contre 43 pour l’Union nationale d’Antonio Barrette. L’ère de Maurice Duplessis, mort en septembre 1959 est bien finie. Les Québécois ont voulu tourner la page. La Grande noirceur comme certains l’appelleront plus tard cède sa place à la Révolution tranquille.

C’est une victoire merveilleuse, une victoire pour les jeunes qui sont libérés du manque de sécurité face à l’avenir […] C’est plus qu’un changement de gouvernement, c’est un changement de la vie ! Le nouveau premier ministre peut exulter avec des personnages marquants comme René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme, son équipe prend le pouvoir. C’est autant l’usure de l’Union nationale au pouvoir depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale qui est sanctionnée que le programme électoral audacieux et avant-gardiste de Jean Lesage qui est plébiscité.

C’est maintenant où jamais que nous serons maîtres chez nous ! La formule utilisée par Jean Lesage lors d’un premier débat télévisé en 1962 marquera le Québec. La nationalisation de l’électricité est un moment fort de la période Lesage, tout comme le premier ministère de l’Éducation avec Paul Gérin-Lajoie en 1964. Symbole de la modernisation du Québec avec un état qui se développe fortement, Jean Lesage restera au pouvoir jusqu’en 1966 lorsqu’il est battu par les unionistes de Daniel Johnson. Il restera chef de l’opposition jusqu’à son retrait de la vie politique en 1970. Jean Lesage décèdera le 12 décembre 1980 à Québec.

21 juin 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

21 juin 1710 – Funérailles de Radisson

Pierre-Esprit Radisson

Pierre-Esprit Radisson

Les funérailles d’un gentleman ruiné du nom de Pierre Radisson sont mentionnées dans les registres d’une paroisse londonienne ce 21 juin 1710. La mort, tout comme la naissance de Pierre-Esprit Radisson restera mystérieuse. Né en France, mort en Angleterre, ayant travaillé pour les deux royaumes, la vie de l’explorateur et coureur des bois fascine. Opportuniste, personnage peu recommandable, le personnage est troublant, mais talentueux et surtout d’une vitalité enivrante.

Né en France vers 1640, peut-être à Paris ou à Avignon comme son père, Pierre-Esprit Radisson est signalé pour la première fois en Nouvelle-France où il est capturé par les Iroquois en 1651 ou 1653. Il est venu rejoindre sa demi-soeur. Son jeune âge lui permet d’être adopté par les Amérindiens, d’apprendre leur langue et leur mode de vie. Il s’évadera après deux ans de vie avec eux et rejoindra sa demi-soeur qui a épousé celui qui deviendra son partenaire en affaires, Médard Chouard des Groseillers. Les deux hommes partent en expéditions dans la région des Grands Lacs.

À leur retour, leurs marchandises sont confisquées. Les deux hommes partent alors en Nouvelle-Angleterre pour offrir leurs services aux Anglais. Ils participeront à la fondation de la société de la Baie d’Hudson. Ils reviendront quelque temps au service de la France avant de se retourner vers l’Angleterre. Radisson finira par être naturalisé anglais. Marié trois fois, il finira ses jours en Angleterre avec une maigre pension de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Traitre ou héros, Pierre-Esprit Radisson fait partie de la légende des coureurs des bois, des hommes libres qui ont créé le Canada.

 

20 juin 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

20 juin 1985 – Départ de René Lévesque

René Lévesque

René Lévesque

Chère Nadia, vous n’étiez pas sans vous douter, comme bien d’autres, que tôt ou tard je quitterais la présidence du parti. Ayant tout pesé de mon mieux, je vous remets la présente qui constitue ma démission prenant effet ce jour même […] Merci du fond du cœur, merci à vous comme à tous ceux et celles qui se reconnaîtront, et qui n’ont cessé depuis tant d’années de payer de leur personne et de leur portefeuille pour bâtir, enraciner, maintenir ce projet si sain et démocratique que nous avons dessiné ensemble pour notre peuple.

C’est par cette lettre envoyée tard ce 20 juin 1985 à Nadia Assimopoulos, vice-présidente du Parti québécois, que René Lévesque met fin à sa carrière politique. Il prend tout le monde par surprise. Toute la journée, il a assisté aux hommages de ses pairs. L’Assemblée nationale célébrait les 25 ans de politique active du premier ministre. Fatigué par son long combat, son leadership attaqué depuis quelque temps, René Lévesque quitte la scène dans un moment qu’il a choisi et s’en retourne à ses premières amours, la radio.

Le premier chef du Parti québécois mourra deux ans plus tard, le 1er novembre 1987. Il sera remplacé à la tête du parti par Pierre-Marc Johnson, mais celui-ci ne gardera pas le pouvoir très longtemps, puisqu’il sera défait aux élections de décembre 1985. L’option indépendantiste qu’a si bien incarnée René Lévesque entre en sommeil pour une dizaine d’années. Malgré le Beau risque, la main tendue à Brian Mulroney, la fin politique du fondateur du PQ aura été difficile.

Mourir dans la dignité

Filed under: b. Du Lys dans les Étoiles — vslibre @ 4 h 30 min
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Michel Cadotte, 56 ans, saura en juillet s’il pourra être libéré en attendant son procès pour le meurtre de sa femme dans un CHSLD de Montréal. (photo: Journal de Montréal)

Au Québec, un homme fait face à ses juges pour avoir étouffé sa femme qu’il n’arrivait plus à la voir dépérir pendant qu’en Suisse, Exit pense à étendre son offre de prestation. La semaine dernière a été propice à une réflexion sur la fin de vie.

Notre espérance de vie ne cesse d’augmenter. Les avancées de la médecine nous permettent une vie plus longue et de meilleure qualité, mais ces gains incontestables entraînent quelques questions qui méritent un débat sérieux et posé. La politique commence à s’en emparer, mais le problème me paraît bien plus philosophique.

Au Québec

Le Québec a fait œuvre de pionnier au Canada avec sa législation sur l’aide médicale à mourir. Fruit d’un débat sérieux et consensuel, la loi a été adoptée à l’unanimité. Elle répondait à un jugement de la Cour suprême. Surtout, elle se voulait une réponse médicale, on parlait de soins de fin de vie.

Aujourd’hui, le Canada s’est doté d’une loi plus large. Je n’entrerai pas dans les détails, mais entre la notion de mort imminente et celle de mort raisonnablement prévisible, les juges ont fort à faire et ce n’est pas leur rôle.

Michel Cadottea étouffé sa femme qu’il aimait parce qu’il ne voulait plus qu’elle souffre, parce qu’il ne pouvait pas accepter de ne pas pouvoir l’aider, pas que les institutions médicales, dépassées par cette problématique. Les CHSLD (équivalent des homes suisses) n’offrent pas une qualité de fin de vie à la hauteur de notre civilisation, mais est-ce possible ?

Son procès est en cour, le verdict montrera jusqu’où la Société peut accepter ce genre de défi. Par contre, il n’est pas normal que des patients doivent actionner le système judiciaire pour faire valoir leur droit à mourir dans la dignité. C’est pourtant la démarche engagée par deux victimes de maladies dégénératives qui veulent avoir le droit de mourir dans la dignité au Québec.

En Suisse

Elles n’ont pas les moyens de se payer un voyage en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté. D’autres l’ont fait dernièrement. Car la Suisse a une politique beaucoup plus libérale sur le sujet. Exit, l’association qui offre ce service a lancé le débat sur l’élargissement de son aide aux « simples » vieux.

Aujourd’hui, le processus qui mène à l’absorption de la potion fatale est bien encadré, réglementée et c’est absolument nécessaire. Mais certains voudraient aller plus loin, pour d’autres, c’est déjà beaucoup trop et la médecine, entre autres par les soins palliatifs, devrait être la seule autorisée à intervenir dans le domaine.

La question de la fin de vie est délicate. Comment mourir naturellement dans une société surmédicalisée ? Mort naturelle a de moins en moins de sens, la prolongation de la vie est tel qu’il va bientôt poser la question jusqu’à quand ça en vaut la peine ?

Lég: Michel Cadotte, 56 ans, saura en juillet s’il pourra être libéré en attendant son procès pour le meurtre de sa femme dans un CHSLD de Montréal. (photo: Journal de Montréal)

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