Valais Libre

25 avril 2018

366 histoires suisses

25 avril – Football et télévision (1954)

Affiche du championnat du monde de football 1954 en Suisse

En ce dimanche 25 avril 1954, les équipes de Suisse et d’Allemagne peaufinent leur préparation en vue de la Coupe du monde de football qui se déroulera en Suisse dès le 16 juin 1954. Elles disputent une rencontre amicale à Bâle. Cette partie est la première à être diffusée en direct par la télévision suisse. L’Eurovision se chargera de la diffusion de nombreux match de la Coupe du monde.

L’Allemagne remportera cette partie sur le score de 5 à 3. Cette victoire lance une merveilleuse aventure pour l’équipe d’Allemagne qui gagnera la Coupe du monde le 4 juillet 1954. Le miracle de Berne marquera l’histoire du football et empêchera la légendaire équipe de Hongrie emmenée par Ferenc Puskas de gagner un trophée qui lui était promis.

En match de groupe, la Hongrie n’avait fait qu’une bouchée de l’Allemagne qu’elle avait battue 8 à 3. Après avoir éliminé le Brésil en quart et l’Uruguay en demi-finale, rien ne semblait pouvoir arriver aux artistes hongrois, mais c’était sans compter sur le réalisme allemand. La Suisse se comporta également très bien lors de cette Coupe du monde. Deux victoires face à l’Italie, en phase de groupe et en barrage, ont effacé la défaite contre l’Angleterre.

Elle était donc au rendez-vous des quarts de finale le 26 juin 1954 au stade de la Pontaise à Lausanne. Trois buts entre la 16e et la 19e minute n’auront pas suffi. Elle s’inclinera 7 à 5 face à l’équipe d’Autriche au terme d’un match fou qui reste le plus prolifique en terme de buts de l’histoire de la Coupe du monde.

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24 avril 2018

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24 avril – Mort du Major Davel (1723)

Major Davel sur l’échafaud

C’est ici la plus excellente et la plus glorieuse journée de ma vie. Je sens au-dedans de moi l’amour de Dieu et son secours, qui me soutient dans ces derniers moments après m’avoir conduit et protégé pendant tout le cours de ma vie. Je prie Dieu que ma mort vous soit utile et salutaire pour le redressement de tous les abus…

Ces mots sont les derniers du major Davel. Jugé par le tribunal lausannois des bourgeois et citoyens pour sa rébellion du 31 mars, il est condamné à mort et décapité le 24 avril 1723 à Vidy. La foule est nombreuse au bord du lac pour voir rouler la tête de celui qui passe pour un illuminé.

Le major Davel avait préparé un manifeste pour la libération du Pays de Vaud. Son réquisitoire contre les abus des impôts, contre les malversations bernoises, contre les baillis qui rendent la justice sans connaître le droit, contre les humiliations infligées au vaudois ou contre les atteintes à l’esprit de la Réforme, avait fortement dérangé Leurs Excellences de Berne.

La hache du bourreau a mis un terme à sa tentative et le Pays de Vaud devra attendre trois quarts de siècle encore avant d’être libéré du joug bernois. Mais la mémoire du Major Davel sera réhabilitée au 19e siècle avec l’accès aux documents d’archives. Plaques commémoratives, monuments, pièces de théâtre, peintures ou études universitaires ont fait du Major Davel le héros du peuple vaudois, le martyr qui a osé dénoncer le régime bernois.

23 avril 2018

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23 avril – Fête fédérale de Gymnastique (1832)

Au 19e siècle, la gymnastique connait un regain d’intérêt en Suisse. Les étudiants en sont friands et la société de Zofingue devient un vecteur important de cette pratique sportive. Des sociétés de gymnastique sont créées un peu partout à travers le pays. Berne, Bâle, puis Zurich verront les premières naissances.

Les 23 et 24 avril 1832, une soixantaine de gymnastes de Zurich, Berne, Lucerne, Bâle et Baden se réunissent à Aarau pour un concours. Ils se disputent cinq couronnes de laurier et fondent la Société fédérale de gymnastique. Cette première Fête fédérale de gymnastique sera annuelle jusqu’en 1874, puis biennale jusqu’en 1888. Aujourd’hui elle a lieu tous les cinq ou six ans.

La Société fédérale de gymnastique avait pour but d’unir les gymnastes et les sociétés par des liens d’amitié et des sentiments patriotiques, de promouvoir l’éducation nationale, physique et intellectuelle de la jeunesse et de développer et cultiver les exercices gymniques en favorisant la diffusion dans la population.

Après 1848, le mouvement devint le porte-parole des valeurs démocratiques, progressistes et laïques. L’activité gymnique participa à l’édification d’un pays rendu prospère et stable grâce à sa modernisation politique et économique.

22 avril 2018

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22 avril – Essai de révolte à Fribourg (1853)

Révolte fribourgeoise

Nous n’avons jamais connu un caractère plus noble que celui de Nicolas Carrard. Sous la veste de bure du paysan battaient les sentiments les plus élevés. C’était un homme d’un autre temps. Il s’en trouve encore dans le canton de Fribourg, mais hélas cette génération va finir, car le radicalisme pour éteindre la religion catholique a jugé à propos, par une ruse infernale, de prendre les enfants au berceau et de les mettre entre les mains de régents impies et corrompus…

Ces mots parus dans l’Union franc-comtoise quelques jours après la mort de Nicolas Carrard illustrent toutes les tensions qui divisent certaines régions du pays après la guerre du Sonderbund. À l’issue de cette crise, se met en place à Fribourg, comme dans les autres cantons catholiques, un régime radical privé de soutien populaire, mais appuyé par la Confédération régénérée.

L’opposition au nouveau pouvoir s’exprime dans la légalité ou par la violence. À Fribourg, Nicolas Carrard prend alors la tête du mécontentement extrémiste. Dans la nuit du 4 octobre 1850, cet ancien instituteur d’origine vaudoise parvient avec trois cents hommes jusqu’aux portes de Fribourg, mais renonce à attaquer, n’ayant pas trouvé le soutien attendu.

Le 22 mars 1851, il s’empare avec une soixantaine d’insurgés de l’arsenal et du haut de la ville, mais la bande est défaite après un combat sanglant. Enfin, Carrard et quelques centaines d’hommes tentent de renverser une nouvelle fois le gouvernement dans la matinée de ce 22 avril 1853.

Nouvel échec, il perd la vie au cours de la fusillade engagée sur la place du collège Saint-Michel. Le sang des martyrs a été autrefois et sera toujours une semence de nouveaux chrétiens. La mort d’hommes justes par les mêmes raisons ne saurait manquer d’être profitable à la cause qu’ils ont servie avec tant d’abnégation …

Mais c’est par la voie de la légalité qu’aux élections de 1856 les libéraux-conservateurs reprendront le pouvoir à Fribourg.

21 avril 2018

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21 avril – Migros arrive en Suisse Romande (1932)

Premier magasin Migros en Suisse romande (1932)

Ce 21 avril 1932, un premier magasin Migros ouvre en Suisse Romande, à Neuchâtel. Deux semaines plus tard, ce sera La Chaux-de-Fonds qui verra l’enseigne s’installer. La société fondée par Gottlieb Duttweiler 7 ans plus tôt prend son envol et devient nationale.

Après quelques expériences dans le commerce, Gottlieb Duttweiler décide de lancer sa société de distribution. Il développe une idée novatrice, à savoir baisser les prix afin de vendre deux ou trois fois plus de marchandises. Pour commencer, il achète 5 camions Ford T. Il les garnit de six articles de base: café, riz, sucre, pâtes, graisse de coco et savon, qu’il offre parfois à un prix de 40 % inférieur à celui de la concurrence.

Quelques mois plus tard, il ouvre un premier magasin à Zurich. Pas de décorations, les marchandises simplement posées sur des étagères, une boîte à cigare comme caisse, les frais sont limités au maximum. La clientèle afflue, les prix attrayants priment sur la qualité du décor. Les affaires deviennent rapidement florissantes.

Duttweiler introduira aussi des prix ronds en adaptant les poids et les mesures pour faciliter la tâche de ses camions-magasins. Petit à petit, il développera un réseau de fournisseurs, des marques propres. Il diversifiera ses domaines d’activité: presse, agence de voyages, banque, assurance, essence, parcs de loisirs, tout pour le bien-être du client.

Ce développement ne plaît pas à tout le monde. Les embûches sont nombreuses, mais Duttweiler persévèrera. Migros deviendra une coopérative en 1941 et son expansion continuera sans cesse. Elle fait partie des marques les plus connues en Suisse.

20 avril 2018

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20 avril – Naissance du Clup alpin (1863)

Le Clup alpin suisse se donne la tâche d’explorer les Alpes suisses, de les étudier plus exactement à tous les points de vue, de les faire mieux connaître et d’en faciliter l’accès. Les statuts du Club Alpin Suisse fixent ainsi le but de l’organisme porté sur les fonts baptismaux à Olten.

Rodolphe-Théodore Simler est fier de son oeuvre lorsqu’il reprend le train ce 20 avril 1863, au lendemain du lancement du mouvement dont il est le premier président. Il a réuni, la veille, 35 amis de toute la Suisse pour lancer le Club Alpin Suisse. Il a eu son idée au sommet du Piz Russein entre Glaris et les Grisons deux ans plus tôt, mais le noeud ferroviaire d’Olten est plus pratique pour réunir des gens de tout le pays.

Dès lors, le Club va contribuer à démocratiser la montagne. Dès la première année, une cabane est construite sur le Tödi voisin du Piz Russein, la cabane du Grünhorn coûtera 867 francs. La simplicité est toujours de rigueur chez les montagnards.

Lors du centenaire du Club Alpin Suisse, il y aura 148 cabanes disséminées sur tout l’arc alpin helvétique. Au moment de fêter son 150e anniversaire, c’est plus de 150 cabanes, 97 stations de secours, 3000 sauveteurs bénévoles et plus de 110 000 membres répartis dans 111 sections qui constituent le Club né au buffet de la Gare d’Olten.

19 avril 2018

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19 avril – Deuxième constitution fédérale (1874)

Par 340 199 oui contre 198 013 non, la nouvelle constitution fédérale est approuvée en votation populaire ce 19 avril 1874. Elle entrera en vigueur le 29 mai suivant. Les institutions de la Suisse moderne sont en place. Un quart de siècle après celle de 1848; cette deuxième constitution est appelée à durer. Mais tout n’a pas été sans mal.

12 cantons et 3 demi-cantons ont accepté le projet contre 7 cantons et 3 demi-cantons qui le rejettent. Cependant l’opposition atteignait 92,1 % à Uri et dépassait 80 % à Schwyz, Nidwald et Obwald, Appenzell Rhodes-Intérieures et en Valais. La centralisation fait encore peur, bien qu’on ait adouci le projet rejeté deux ans plus tôt.

La démocratie devient semi-directe et non plus représentative avec l’introduction du droit de référendum législatif. Le Conseil fédéral est toujours élu par le Parlement, la volonté de certains de le voir élu par le peuple n’a pas trouvé grâce. Le Tribunal fédéral devient permanent.

Le droit d’initiative sera lui introduit en 1891 lors d’une révision partielle. Il permettra de réviser et d’adapter la constitution par morceau. Une révision totale vers une Confédération plus autoritaire et plus centralisatrice est rejetée en 1935, mais dès les années 1960, l’idée d’une révision totale fait son chemin. Elle aboutira à la troisième Constitution fédérale acceptée par le peuple en 1999.

18 avril 2018

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18 avril – Une découverte dorée d’une période dorée (1939)

Buste de Marc-Aurèle

Le buste retrouvé à Avenches ce 18 avril 1939 est très probablement l’objet archéologique le plus précieux jamais découvert en Suisse. Il pèse presque 1,6 kilos d’or 22 carats et représente Marc-Aurèle, empereur romain de 161 à 180. Des chômeurs occupés à des fouilles archéologiques sur le site firent cette découverte remarquable.

L’objet a été mis à jour dans d’anciennes canalisations passant en dessous du sanctuaire du Cigognier. Cet ancien édifice religieux abrite d’ailleurs une autre curiosité archéologique: l’unique colonne romaine qui tienne encore debout en Suisse. Cette colonne servant parfois à la nidification des cigognes, l’ancien sanctuaire a été logiquement baptisé le Cigognier.

Aventicum fut la capitale de l’Helvétie romaine. La présence de Rome en Suisse s’étend sur près d’un demi-millénaire. La défaite du chef helvète Divico à Bibracte en 58 avant Jésus-Christ marque le début de cette période. Jules César relate dans sa Guerre des Gaules cet épisode qui marqua le début de la conquête de la Gaule.

Les Romains créent des routes, des postes militaires, des comptoirs. Les cités se développent selon un plan immuable: forum, temple, curie, amphithéâtre, thermes. La vie semble paisible et assez prospère grâce à l’intense trafic commercial.

Les premières invasions barbares vers l’an 260 s’arrêtent aux portes d’Aventicum. Elles sont repoussées, mais elles reviendront. Vers 400, les dernières légions quittent le Plateau suisse.

17 avril 2018

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17 avril – Mort d’un faux-monnayeur, naissance d’une légende (1880)

Farinet

Le célèbre faux monnayeur Farine a dignement terminé sa vie aventureuse. Traqué par la gendarmerie dans les gorges de Saillon, où il avait établi un atelier de son industrie et d’où il n’avait aucune issue pour s’échapper, dès que les accès en étaient gardés, il est resté cinq jours sans nourriture et sans que la gendarmerie ait pu l’atteindre. Samedi dernier, il a été trouvé mort dans le ravin.

Il circule sur cette fin tragique des bruits si divergents que nous nous abstenons pour le moment du tout commentaire. Farinet a été enseveli lundi dernier à Saillon et a ainsi purgé les condamnations prononcées contre lui par les tribunaux de France, d’Italie et du Valais, pour délit de fausse monnaie. Il laisse bien des collaborateurs en deuil, sans parler du beau sexe, qui lui vouait un culte romanesque.

Le Confédéré du 23 avril 1880 relate sobrement, en page 3 la fin, le 17 avril 1880, de celui qui deviendra une légende valaisanne. Avant la fin du mois d’avril 1880, une complainte:

Écoutez gens de bien, la lamentable histoire,

D’un fabricant d’argent, dont le peuple irrité

Moins longtemps, j’en suis sûr, maudira la mémoire,

Que celle des faiseurs qui l’ont discrédité.

Écoutez, écoutez le récit véridique

Des faits de Farinet le fameux monnayeur,

Comment se termina d’une façon tragique

Le cours accidenté des exploits du fraudeur.

Viendront ensuite l’oeuvre de Charles-Ferdinand Ramuz en 1932, puis le film L’Or dans la montagne avec Jean-Louis Barrault en 1938 et enfin en 1980, les Amis de Farinet sous l’impulsion de Pascal Thurre et leur plus petite vigne du monde.

La réalité s’efface devant la fiction. Farinet fait rêver, la légende du Robin des Bois montagnard a de belles années devant lui.

16 avril 2018

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16 avril – Le « farouche Suisse » (1825)

tableau d’Henry Fuseli

Le farouche suisse s’éteint en ce 16 avril 1825. Johann Heinrich Füssli a 84 ans. Appelé Henry Fuseli depuis plus de trente ans qu’il vit à Londres, le zurichois d’origine est un peintre reconnu et sa fortune est coquette. Son tempérament vif et son humeur agressive lui ont valu son surnom.

Le jeune Füssli est un fils de bonne famille. Son père est un portraitiste reconnu. Il destine son fils à la prêtrise, mais cette voie colle mal avec le caractère du jeune homme. Il fait partie des jeunes en colère de sa ville et collabore à leur revue, Discours des peintres, qui dénonce les excès du pouvoir en place.

Avec son ami Johann Caspar Lavater ils feront tomber un bailli indigne, mais devront quitter le pays pour éviter la vengeance d’une puissante famille. Il traverse l’Allemagne, puis l’Angleterre, vivant de l’écriture et dessinant à ses heures libres. La rencontre avec le célèbre portraitiste anglais Joshua Reynolds l’encourage à se consacrer à la peinture.

Il visite l’Italie où il transforme son nom en Fuseli. Ça fait plus italien. Il s’installe ensuite à Londres, il travaille avec son ami Lavater et reçoit plusieurs commandes municipales. Il mariera une de ses modèles, devient académicien à la Royal Academy londonienne. Il montera ensuite une exposition sur des sujets inspirés par l’oeuvre de John Milton.

Il croit à une certaine exagération des sujets historiques. Inventif et surnaturel sont des adjectifs qui reviennent souvent dans la bouche des critiques d’art qui parlent de son oeuvre riche de plus de deux cents tableaux et huit cents croquis et dessins.

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