Valais Libre

15 octobre 2018

366 histoires suisses

15 octobre – Ouverture du Poly (1855)

École polytechnique à Zurich

L’Eidgenössische Polytechnische Schule, l’institut polytechnique, est solennellement inauguré le 15 octobre 1855 à Zurich. Les six départements : architecture, génie civil, génie mécanique, chimie, sylviculture, ainsi qu’un département générique qui comprenait les mathématiques, les sciences naturelles, la littérature, et les sciences sociales et politiques, débutent leurs cours le lendemain.

La volonté de la toute jeune Confédération moderne de créer un institut technique a été formulée dans une loi fédérale adoptée le 7 novembre 1854. Moins d’une année plus tard, l’école ouvrait ses portes. Les universités cantonales ne voyaient pas d’un bon œil cette concurrence fédérale.

Pourtant le développement du Poly n’a pas empêché les universités de prospérer. En 1969, l’école polytechnique de l’université de Lausanne est elle aussi transformée en école polytechnique fédérale et devient le pendant romand du Poly zurichois.

Ces deux écoles sont internationalement reconnues. 22 lauréats de prix Nobel sont issus de l’école polytechnique fédérale de Zurich. Ils font la renommée de l’institution.

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14 octobre 2018

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14 octobre – Ueli le fermier (1848)

Albert Bitzius pose sa plume. Il termine en ce 14 octobre 1848 la préface de son livre Ueli le fermier. Il est en cure à Lützelflüh. Les bains salins de la petite bourgade de l’Emmental bernois sont réputés. Le pasteur de 51 ans n’a pas eu besoin d’aller très loin pour se refaire une santé. Il est resté dans sa paroisse.

Il a consacré sa jeunesse à la pastorale, en secondant son père, puis comme pasteur. Mais ses préoccupations sont plus larges. Amélioration de la formation des instituteurs, développement des écoles publiques, éducation des indigents, encouragement des progrès techniques dans l’agriculture sont ses principales sources d’action.

Mais arrivé à la quarantaine, il se découvrira un don d’écriture. D’abord journaliste, il écrira des chroniques dans le Volksfreund, un journal bernois, mais très vite ce sont les romans qui livreront l’essentiel de sa pensée. Il signera Jeremias Gotthelf en prenant le nom du héros d’un de ses premiers romans.

La ruralité sera son thème de prédilection. Il sera un pionnier de l’expression germanophone. Il ira même jusqu’à mêler sa prose d’expression en dialecte bernois.

Peu connu en Suisse romande, le pasteur écrivain mourra à 57 ans épuisé par une activité débordante et une œuvre militante.

13 octobre 2018

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13 octobre – Convention du Gothard (1909)

La Suisse signe, avec l’Allemagne et l’Italie, un traité qui permet de racheter la ligne du Gothard par la société nationale. Le 13 octobre 1909, la ligne construite au 19e siècle revient ainsi à la Confédération. Mais cette signature va déclencher une levée de boucliers qui aboutira à une modification constitutionnelle.

Au moment de construire une voie ferroviaire à travers les Alpes, plusieurs parcours s’affrontent. Sous l’impulsion d’Alfred Escher de Zurich, la voie du Gothard, appuyée par l’Italie et l’Allemagne, est décidée. Il faut dire que les deux pays limitrophes financent la grande partie du projet.

Mais dès la fin du siècle, la Confédération décide de nationaliser et d’exploiter les lignes ferroviaires en Suisse. Les partenaires du Gothard ne sont pas favorables à cette décision, mais accepteront de signer la convention qui leur donne le statut de nations les plus favorisées.

Ce traité soulève des protestations très fortes, surtout en Suisse romande. Les députés romands qui le soutiennent ne seront pas réélus. Une initiative fédérale est lancée pour soumettre au peuple tous les traités d’une durée de plus de 15 ans. Elle sera acceptée en janvier 1921, retardée qu’elle a été par la Première Guerre mondiale.

Que se serait-il passé durant ce conflit mondial si la ligne appartenait toujours aux belligérants?

12 octobre 2018

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12 octobre – La Thurgovie devient un pays sujet (1460)

Château de Diessenhofen en Thurgovie

Encouragés par le pape Pie II, les Confédérés décident d’envahir la région entre Zurich, le lac de Constance et le Rhin. Le duc Sigismond d’Autriche qui possède ces terres vient d’être excommunié par le pape. L’occasion est trop belle.

En quelques jours, la région est conquise sans qu’il n’y ait eu de bataille. La population rallie la Confédération à l’apparition des troupes. Le duc les a abandonnés, ils n’ont pas d’états d’âme. La ville de Diessenhofen, tout au nord, près du Rhin, s’oppose un peu plus longtemps, mais la reconnaissance de ses libertés par les Confédérés lui fait ouvrir les portes.

Finalement, Winterthour est la seule place résistante. Elle fait face à deux sièges sans broncher. Elle restera fidèle à l’Autriche encore 6 ans avant d’être rachetée par Zurich. Les évêques de Constance et de Bâle ne veulent pas que la situation dégénère. Ils interviennent pour la paix. Sigismond reconnaît ses conquêtes et les Confédérés en restent là. Le pape est furieux, il voulait écraser le duc.

La Thurgovie ne devient pas un canton, mais un baillage commun, un pays sujet, des autres cantons. Elle deviendra officiellement un canton à part entière en 1798.

11 octobre 2018

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11 octobre – Deuxième guerre de Kappel (1531)

Ulrich Zwingli

Ulrich Zwingli, le grand réformateur zurichois, git au pied d’un arbre. Il est blessé à la cuisse et à la tête. Ce 11 octobre 1531, près de la cité zurichoise de Kappel, son rêve de domination protestante de la Confédération vient de prendre fin. Ses troupes sont défaites, 5 000 de ses soldats ont perdus la vie. Les catholiques ne comptent qu’une centaine de morts. Ils vont régner sur la Suisse pour les deux prochains siècles.

Voulez-vous qu’on appelle un prêtre? Devant le refus de Zwingli, le capitaine Vockinger, d’Unterwald, sort son épée et transperce la gorge du réformateur. Le lendemain un tribunal de guerre juge la dépouille de Zwingli. Il est reconnu traitre, il sera écartelé pour ce crime, et hérétique ce qui lui vaudra d’être brûlé.

La progression de la réforme est stoppée. Elle recule même dans les baillages communs. La Suisse compte 7 cantons catholiques, quatre réformés et deux mixtes. Les protestants devront attendre 1712 et la deuxième guerre de Villmergen, pour prendre le dessus dans la Confédération.

10 octobre 2018

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10 octobre – La perte de la Valteline (1797)

Livigno en Valteline

Le 10 octobre 1797, Napoléon réunit la Valteline à la République cisalpine. Pour la première fois de son histoire, la Confédération perd un territoire sans combattre. En 1815, le congrès de Vienne confirmera ce détachement en attribuant le territoire au royaume lombard-vénitien.

Jusque-là, la Valteline appartenait aux Grisons. Depuis 1512, les Grisons sont maîtres de la région et en 1531, le duc de Milan renonce à ses droits sur la vallée. Limitrophe de la République de Venise, la Valteline est stratégiquement importante et riche. Lieu de passage important, elle est au cœur de bien des convoitises. La religion vient s’en mêle également, les protestants de Valteline sont souvent maltraités par les Grisons.

Au moment de la Révolution française, la vallée aspire à devenir un nouveau canton suisse. Des émeutes éclatent, la république cisalpine voisine veut profiter de la situation. Napoléon intervient et tranche dans le vif : la région quitte les Grisons. La Confédération ne proteste pas.

Contrairement au Valais qui lui, reviendra dans le giron de la Confédération après la chute de Napoléon, la Valteline ne réalisera jamais son rêve de devenir un nouveau canton suisse.

9 octobre 2018

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9 octobre – Philippe Suchard (1797)

À la simple évocation de son nom, une odeur emplit nos narines, un goût titille notre palais, une envie tente notre gourmandise. Philippe Suchard, le fondateur des chocolats éponymes, est né le 9 octobre 1797 dans la cité neuchâteloise de Boudry.

C’est à 12 ans qu’il découvre pour la première fois le chocolat. Il doit en acheter une livre pour sa mère souffrante selon la prescription du médecin. Ce médicament est hors de prix, près de trois salaires journaliers. Quelques années plus tard, le jeune Philippe est envoyé à 17 ans comme apprenti confiseur à Berne.

Il sera un élève assidu et économe. En 1824, il part pour les États-Unis, mais quelques échecs en affaires le feront revenir bientôt. Il va s’installer à Serrières, dans le canton de Neuchâtel, où il fonde une confiserie en 1826. La chocolaterie sera sa spécialité. Il connaîtra rapidement le succès. Une belle réussite helvétique est lancée.

Mais Philippe Suchard ne s’arrête pas là, il est passionné par d’autres domaines : il fait construire le premier bateau à vapeur sur le Léman, il introduit la culture des vers à soie à Neuchâtel, il redémarre les mines d’asphalte du Val-de-Travers.

Il sera même à la bataille de Solférino auprès d’Henri Dunant pour tenter de soigner les blessés. À 76 ans, il fait un tour du monde qu’il raconte dans un livre : Le tour du monde à grande vitesse. Il mourra le 14 janvier 1884, à 87 ans, au terme d’une vie bien remplie.

8 octobre 2018

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8 octobre – Retraite de Souvarov (1799)

Pigniu au pied du col du Panix

Après son exploit du franchissement du col du Gothard, le général Souvarov apprend l’inutilité de son expédition. Korsakov a été vaincu à Zurich, le général français André Masséna est le grand vainqueur. La deuxième coalition qui voulait mettre au pas la Révolution française sombre dans le chaos. Le général russe n’a plus qu’à tenter de sortir de la souricière alpine.

Il veut rejoindre les Autrichiens qui tiennent la vallée de Glaris. Lorsqu’il y arrive, après avoir contenu Masséna venu l’écraser, il constate que ses alliés se sont retirés. Il ne lui reste plus qu’à faire de même. Mais les montagnes sont hautes et son armée fatiguée.

Il décide de se replier sur les Grisons. Il veut passer par le col du Panix au fond de la vallée d’Elm. Le 8 octobre 1799, après une marche de 3 jours dans la neige fraîche, il débouche enfin dans la haute vallée du Rhin. Coire et la sécurité autrichienne sont en vue. Grâce à une retraite disciplinée, il permet à son armée de ne pas sombrer totalement.

Les habitants de la région par contre souffrent énormément d’être au cœur du théâtre des opérations européennes. Les vallées sont affamées. Réquisitions et pillages sèment la désolation, les bêtes qui ne sont pas abattues par les troupes n’ont plus de fourrage. Ces régions déjà pauvres vont mettre du temps à se relever.

7 octobre 2018

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7 octobre – Charte des prêtres (1370)

Uri, Schwytz, Unterwald, Zurich, Lucerne et Zoug signent, en ce 7 octobre 1370, une charte qui raffermit les liens qui unissent les premiers confédérés. Bien que Berne et Glaris restent en dehors de ce pacte, celui-ci constitue un fondement de l’état naissant.

Moins d’un siècle après le serment du Grütli (1291) et le pacte de Brunnen (1315), la Confédération s’est élargie et a besoin de règles mieux codifiées. Suite à un conflit entre l’avoyer de Lucerne et les fils d’un notable de Zurich, un de ces fils est ecclésiastique et invoque ne relever que des tribunaux ecclésiastiques, des flous juridiques apparaissent.

Cette Charte des prêtres a pour but de clarifier la question. Elle stipule que tous les habitants de la Confédération, prêtres ou laïcs, lui doivent fidélité et sont soumis aux tribunaux du pays. La suite du pacte est tout aussi importante puisqu’elle constitue une première unification du droit.

Interdiction de se rendre justice soi-même, interdiction de faire appel à un tribunal étranger, garantie de la sécurité des routes et des chemins du pays, interdiction de rançonner et de molester quiconque sans autorisation expresse de la Ville ou du Pays, les sujets sont multiples et importants…

Pour la première fois, la notion de majorité apparaît pour modifier ce texte: l’unanimité n’est plus requise.

6 octobre 2018

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6 octobre – Le roi des Suisses (1569)

Louis Pfyffer devant Charles IX

C’est un chef rempli de cœur et de prudence, qui n’est jamais précipité dans ses vues ni dans ses entreprises, mais qui pèse tout avec mesure, agissant toujours avec sagesse. Il fait exactement observer la discipline militaire et ne souffre dans son corps aucuns joueurs ni gens inutiles. Il craint Dieu, observe religieusement la foi catholique, respecte les prêtres, fait de grandes aumônes aux pauvres; en un mot, il possède toutes les qualités qui font un honnête homme.

Ce panégyrique est l’oeuvre d’un subordonné de Louis Pfyffer. Lorsque le colonel Pfyffer rentre à Lucerne en ce 6 octobre 1569, sa gloire est immense. En France, il est considéré comme le roi des Suisses. Sa défense de Charles IX et de la reine-mère, Catherine de Médicis, a été héroïque et décisive.

Mais ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la défense de la religion catholique. Nous marchons pour garder le jeune roy dans la foi. La devise inscrite sur les bannières suisses est éloquente. Après avoir sauvé la France, il devient le bras armé de la contre-réforme en Suisse. Il finance la création d’un collège à Lucerne pour accueillir les jésuites.

Il continuera son service en France en se mettant au service de la Ligue et des Guises pour punir le roi Henri III de n’avoir toujours pas réglé les dettes envers son régiment. Sa fougue et sa détermination menaceront l’unité confédérale.

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