Valais Libre

18 janvier 2018

366 histoires suisses

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18 janvier – Dilemme dans la Foi (1523)

Glarean

Pour moi, comme Cicéron entre César et Pompée, je vois bien ce que je dois éviter, mais je ne vois pas ce que je dois suivre. Du côté d’Érasme, il y a la réflexion, la pondération, la sagesse humaine; du côté des autres, il y a l’enthousiasme, dont je crains cependant qu’on abuse.

Ce n’est pas que je n’aurais pas confiance en cette cause, mais je suis obligé de constater qu’il y a, chez ceux qui veulent absolument faire aujourd’hui toutes choses nouvelles, une certaine dose de prétention. Comme le fer hésite entre l’aimant et l’acier, mon âme est attirée tantôt vers le grand esprit qu’est Luther, et tantôt elle admire la véritable divinité dans la réflexion et la pondération.

Puisse le Seigneur et Sauveur diriger toutes choses par sa Bonté: c’est mon seul voeu…Cette lettre adressée le 18 janvier 1523 par Glarean à son ami Vadian reflète parfaitement les déchirements provoqué par les débuts de la Réforme. La césure entre les fidèles à Rome et les « révoltés » n’est pas aussi évidente que le laisse penser l’histoire.

Beaucoup sente le besoin d’un changement dans l’Église, mais ils pensent qu’il doit venir de l’intérieur. La division sortira de ces réflexions. Rome ne voulant pas changer et condamnant les insoumis, les adeptes de Luther voleront de leurs propres ailes.

Glarean restera catholique et Vadian deviendra réformé…

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17 janvier 2018

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17 janvier – Sauvetage dans les Grisons (1637)

Jûrg Jenatsch

Le bras droit du duc Henri II de Rohan, Jurg Jenatsch est venu quelques années plus tôt à Paris afin d’apporter son soutien à la reconquête de la Valteline par le Cardinal de Richelieu. Mais devant l’attentisme des français qui refusent de redonner la vallée aux Grisons, il négocie secrètement avec les Habsbourg.

le 17 janvier, sa trahison est avérée, il prend la tête des ligues grises. En mai, il va expulser les troupes françaises du Duc de Rohan des Grisons. Il sera couvert de richesse et anobli par le roi d’Espagne Philippe IV. Il ramène la Valteline dans le giron des ligues. Napoléon défera ces liens en 1798.

Jurg Jenatsch est un personnage romanesque, d’ailleurs Conrad Ferdinand Meyer en fera son héros dans un roman paru en 1876. Il est né en Engadine en 1596. Il devient pasteur, échappe de justesse au massacre des protestants en 1620. Il entre alors dans l’armée et participe à la guerre de 30 ans.

On le retrouve à Paris en 1631 où il cherche à soutenir sa région. Converti au catholicisme, il va jouer un rôle prépondérant dans l’unité des Grisons déchirés par des querelles religieuses. Assassiné durant le carnaval de 1639, son meurtre dans une auberge de Coire est entouré de mystère. Il ne sera jamais élucidé, trop d’intérêts sont en jeu.

Son corps repose dans la cathédrale de Coire.

16 janvier 2018

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16 janvier – Arnold Böcklin (1901)

Arnold Böcklin

Il communiait avec l’infini dans le temps et dans l’espace avec une ivresse un peu sauvage, thrace et druidique… Son oeuvre est un défi brutal aux notions que les Académies transmettent du développement artistique en quelque sorte légal, comme aux notions que nous livrent nos contemporains sur la compréhension moderne de l’art…

Celui dont la mort a inspiré ses lignes au journaliste et critique artistique William Ritter est un hardi novateur. Né à Bâle en 1827, Arnold Böcklin meurt le 16 janvier 1901 dans sa villa de San Domenico di Fiesole tout proche de Florence en Italie.

Arnold a appris le dessin en admirant les oeuvres de Holbein au musée de sa ville natale. Il étudie ensuite à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf en Allemagne. Il voyagera ensuite entre l’Italie, la Suisse et l’Allemagne.

Il deviendra un des leaders du symbolisme allemand. La vigueur, la force, la féérie de sa peinture enchantent les critiques, mais effraient un peu ses contemporains. Il se marie à Rome, puis enseignera en Allemagne. Finalement il reviendra en Italie après divers passage en Suisse, à Zürich notamment.

Il finira ses jours à 73 ans dans l’opulence de la reconnaissance dans une villa acquise dans les environs de Florence .

15 janvier 2018

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15 janvier – Premier moteur à explosion (1807)

Machine de Isaac de Rivaz

…Avoir vu ce véhicule propulsé non par l’explosion directe de substances gazeuses, mais par un moteur mû par des explosions successives, et cela non par saccades ou par à-coups, mais bien d’une manière continue… Cette affirmation de l’Abbé Amstad, professeur de physique au collège de Sion vient confirmer ce que voyaient les badauds qui se promenaient à Sion.

Le 15 janvier 1807, Isaac de Rivaz présente son chariot à quatre roues à Evian. Il fera également plusieurs démonstrations sur la Place de la Planta. Il obtiendra à la fin du mois de janvier un brevet d’invention décerné par le Gouvernement de Napoléon.

Malgré cela les quolibets ne cesseront pas. Personne ne croit en son invention. L’ère de la machine à feu n’est pas encore venue. La sentence des frères Fischer, concessionnaires des postes, est implacable. Le temps est à la machine à vapeur. Isaac de Rivaz est en avance sur son temps.

Il faudra attendre presque trois-quart de siècle pour voir les premiers moteurs à combustion. L’automobile va naître avant la fin du 19ème siècle. Son précurseur restera longtemps oublié. Isaac de Rivaz est mort en 1829 à Monthey. L’importance de ses travaux et découvertes sont aujourd’hui reconnus.

14 janvier 2018

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14 janvier – Pestalozzi s’installe à Yverdon (1804)

Pestalozzi

Ayant appris qu’il serait possible que vous prissiez la résolution de quitter Berthoud et de venir en pays de Vaud, nous serions enchantés si notre ville pouvait devenir le séjour d’un citoyen de votre mérite, et nous ferions tout ce qui dépendrait de nous pour en augmenter les convenances. (…)

Enfin, Monsieur, vous trouveriez un peuple qui, jaloux de vous posséder, s’empresserait d’aller au-devant de tout ce qui pourrait rendre le séjour d’Yverdon agréable, et nous serions les premiers à lui donner l’exemple. Cette lettre datée du 14 janvier 1804 est adressée par les autorités de la cité vaudoise à Henri Pestalozzi.

Le pédagogue déjà célèbre ne va pas résister à une telle invite. Il fera d’Yverdon sa dernière étape. Il fut sauveur des pauvres dans sa ferme du Neuhof, père des orphelins à Stans, fondateur de l’école publique à Berthoud. Il va maintenant devenir un éducateur qui va rayonner en Europe.

Il réussira également à convaincre les autorités de créer un institut pour filles, un institut pour sourds-muets et un institut pour enfants pauvres. Malheureusement, Pestalozzi n’est pas un bon gestionnaire et, une fois de plus, les difficultés le rattrapent. La mort de sa femme Anna qui le soutenait depuis 40 ans lui porte un coup terrible en 1815.

En 1825, tout s’arrête, Pestalozzi quitte Yverdon ruiné. Il mourra deux ans plus tard chez son petit-fils à Brugg.

13 janvier 2018

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13 janvier – Voltaire s’installe à Genève (1755)

Les Délices à Genève

Le marché de Saint-Jean est entièrement conclu… j’appelle la maison Les Délices. Les Délices seront pour l’été, Monrion pour l’hiver. Je ne voulais qu’un tombeau, j’en aurai deux. Voltaire est aux anges. Messieurs de Genève lui accordent la permission d’habiter le territoire de la République de Genève.

Indésirable à Paris, déçu de la cour de Prusse, Voltaire jette son dévolu sur Genève. Il écrit aux autorités à la mi-janvier et achète dans la foulée une maison. On retrouve dans les registres du Conseil l’autorisation de s’établir. Voltaire tient à se rapprocher de son médecin, Théodore Tronchin.

Voltaire devra attendre quelques années avant de rejoindre la tombe. Sa bile et ses nerfs lui causent bien des maux, mais l’homme est solide. Il vivra encore 23 ans. Dès 1759, il se déplacera à Ferney, sur la frontière franco-suisse où il acquiert un domaine.

Soucieux de son aisance matérielle qui garantit sa liberté et son indépendance, il bâtit une fortune considérable dans des opérations spéculatives et dans la vente de ses ouvrages. Il mènera grand train à Ferney. Toute l’élite européenne viendra en pèlerinage chez le sage. Mais Voltaire gardera son caractère frondeur et parfois acariâtre jusqu’à sa fin en 1778.

12 janvier 2018

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12 janvier – Rencontre au sommet à Bâle (1814)

Maison bleue à Bâle

Je vous cause beaucoup d’embarras. Peter Fischer ne peut que s’incliner devant tant de prévenance. L’Empereur François Ier d’Autriche vient prendre ses quartiers dans la « Maison Bleue » à Bâle. Son propriétaire et sa fille sont aux petits soins. Leur maison va être le rendez-vous des trois vainqueurs de Napoléon.

Le Tsar des Russies Alexandre Ier et le Roi de Prusse Frédéric-Guillaume III viendront le lendemain rejoindre l’Empereur d’Autriche pour évoquer la nouvelle Europe. Bâle n’est qu’une étape sur la route de Paris. Le « petit caporal » corse n’a qu’à bien se tenir, sa chute est proche.

Bâle n’avait pas résisté à l’arrivée des troupes alliées qui ont chassé les français. Seule la forteresse d’Huningue s’opposera et sera bombardée sans répit. Les canons se taisent le 11 janvier et le 12, l’Empereur fera son entrée suivi bientôt par ses deux alliés.

Huningue résistera encore courageusement en envoyant quelques grenades et bombes sur Bâle. Elle sera toujours vaillante durant les Cent jours et le retour de l’Aigle de l’île d’Elbe. Elle capitulera au lendemain de la défaite de Waterloo.

11 janvier 2018

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11 janvier – Davos et les vertus de l’air pur (1901)

Alexandre Spengler

Davos perd l’homme qui a fait sa réputation en ce 11 janvier 1901. Arrivé en 1853 dans la région, Alexandre Spengler avait été refoulé par plusieurs cantons. Réfugié politique allemand suite à la révolution de 1848-1849, il accepte de s’installer comme médecin à Davos où personne ne veut s’enterrer.

Il a profité de son passage à Zürich pour parfaire sa formation de médecin. Actif, il va rapidement adopter sa nouvelle région en épousant une fille d’une riche famille locale. Il se rend vite compte des vertus bénéfiques du soleil et de l’air pur.

Alexandre Spengler traite deux premiers patients étrangers en les exposants simplement durant de longues heures au soleil sur des luges à foin. Les locaux trouvent cela étrange. Des gendarmes seront même envoyé de Coire pour contrôler ses étrangers. Tout est en ordre. Leur santé s’améliore.

Le succès de cette première expérience va rapidement se répandre et les clients vont arriver toujours plus nombreux. Davos peut construire des hôtels et des maisons de cure. Spengler va publier ses observations qui secouent le monde médical. Il jouera aussi un rôle actif dans le développement d’Arosa.

En 1867, il ouvre le premier sanatorium avec un patient hollandais. Son fils Carl, aussi médecin, continuera l’oeuvre et fondera la célèbre Coupe Spengler de hockey qui fait toujours la renommée de la station.

10 janvier 2018

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10 janvier – Chute du patriciat bernois (1831)

Münsingen

Münsingen, entre Berne et Thoune, est le théâtre du rassemblement des représentants de toutes les régions du canton. Sous l’influence des frères Schnell de Berthoud, ils se prononcent pour un programme de démocratisation. Ils demandent l’élection d’une Constituante.

Les patriciens bernois ont profité de la Restauration en 1815, à la chute de Napoléon, pour reprendre un pouvoir perdu en 1798. Ils font en sorte de retarder un maximum l’influence de la révolution parisienne de 1830. Mais le Jura fera monter la révolte. Xavier Stockmar de Porrentruy prend la tête de la révolte.

Les autorités bernoises sont divisées face aux revendications émises le 10 janvier 1831 à Münsingen. Plusieurs cités jurassiennes plantent des arbres de la liberté et constituent des administrations provisoires. L’ancien avoyer Fischer propose d’utiliser le régiment bernois libéré par la France pour remettre le pays en ordre.

Le Grand Conseil refuse. Il propose l’élection d’une Constituante. C’est la fin du règne du patriciat. Les libéraux seront majoritaires dans la Constituante et une nouvelle constitution sera adoptée en juillet 1831 déjà. Le Jura la plébiscitera, oubliant momentanément dans la joie de la victoire sur le patriciat ses velléités autonomistes.

9 janvier 2018

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9 janvier – Autodafé à Bâle (1349)

autodafé

Les flammes s’élèvent petit à petit de la petite île sur le Rhin. Très rapidement le brasier devient imposant. Les crépitements, le bruit du feu destructeur couvrent les cris des malheureux. Près de 600 juifs meurent brûlé vif en ce début janvier 1349.

La terrible peste noire ravage les campagnes européennes depuis le début 1348. Elle touche aussi les villes. La cité rhénane n’est pas épargnée. La population cherche des responsables. Une peu partout, les juifs n’ont pas bonne presse. Ils vont payer un lourd tribu à la fureur populaire.

Certains croient déceler une moindre mortalité dans la communauté juive de Bâle. On les accuse d’empoisonner les puits de la ville. Au début, les autorités tentent de protéger les juifs, mais devant la fureur populaire et la haine de certaines corporations, ils cèdent. 600 juifs sont arrêtés.

Ils sont enchaînés et conduit dans une grange sur une île du Rhin. Le feu les détruira. Les plus jeunes sont épargnés. Ils sont baptisés de force et remis à des familles locales. Les autres fuiront. Bâle interdira les juifs dans sa ville jusqu’au 19ème siècle.

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