Valais Libre

29 mai 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Filed under: e. Auteurs québécois — vslibre @ 10 h 30 min
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Lucien Francoeur (1948-…)

francoeurNé le 9 septembre 1948 à Montréal, Lucien Francoeur quittera l’école à 15 ans pour se rendre à New York. Il errera trois ans dans les rues de la ville, il séjournera aussi à Toronto et Montréal. À 18 ans, il décide de devenir écrivain et rédige un premier recueil de poésie qui sera refusé par tous les éditeurs. Il ira à La Nouvelle-Orléans où il termine ses études secondaires en 1969.

De retour à Montréal, il suivra des cours de lettres françaises au Cégep Maisonneuve. Il travaillera durant la même période comme chauffeur de taxi. Il rencontre Gaston Mirron et publie ses premiers ouvrages. En 1974, il fonde le groupe Aut’chose et commence une carrière musicale. Après la dissolution du groupe, Lucien Francoeur continuera en solo.

En 1979, il reprend ses études pour devenir professeur de littérature. Il enseignera dans les années 80 au Cégep Rosemont et John-Abott à Montréal. Il sera également animateur sur différentes radios privées. Il partage son temps entre l’enseignement, les lectures de poèmes, les concerts rock et les interventions médiatiques en tant que polémiste et animateur.

Chanson de l’Amérique inavouable (2002)

francoeur-livreC’que j’aime c’est ton air d’aller

J’te suis 24 heures par jour

J’veux te faire l’amour à tue-tête

J’peux t’aimer sans permission

Aujourd’hui ce qui ne vaut pas la peine d’être dit, on le chante, Lucien Francoeur cite Beaumarchais, mais n’en fait qu’à sa tête. Chez lui, tout commence et tout finit par la littéralité. Pas d’échappatoire mélodique. Il est un diseur, un chanteur à textes. Mais aussi un anarchiste, un anticonformiste. Osez chanter l’Amérique, plutôt que son pays !

Le temps passe assis au fond d’un bar

L’après-midi sur Santa Monica Boulevard

Tu recommences à jouer au Roi Lézard

La fée des étoiles est encore en retard

Alors tu décides de faire un tour de char

Un coup de dés jamais n’abolira le hasard

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

29 mai 1914 – Naufrage de l’Empress of Ireland

 Empress of Ireland

Empress of Ireland

Ces choses ne se racontent pas; il faut en avoir été témoin; de même il est impossible de définir les émotions d’un homme séparer (sic) des siens, de ses parents, de sa famille, de ses amis, en face d’un péril aussi grand, voyant tout s’engloutir sous lui, ne pouvant espérer de secours de personne dans la nuit, dans le noir, au milieu des cris, des plaintes lugubres, des appels désespérés d’un millier d’êtres humains, réalisant en quelques minutes l’horrible situation, et descendant dans la mort. Monsieur Gosselin, témoin de la scène tragique de ce 29 mai 1914, raconte le naufrage de l’Empress of ireland.

Le paquebot océanique appartenant au Canadien Pacifique a quitté le port de Québec la veille vers 16 h 30 pour une traversée de l’Atlantique qui devait le mener à Liverpool en Angleterre. Le navire est expérimenté, il en est à sa 192e traversée, mais son capitaine Henry Kendall en est lui à sa première. Durant la nuit, vers 2 h 00 du matin, il aperçoit le navire norvégien Storstad à environ 8 miles avant que la brume n’enveloppe le fleuve.

Lorsqu’il reverra le navire charbonnier norvégien, il sera trop tard. La collision est inévitable. Le paquebot coule en 14 minutes emportant avec lui 1012 personnes, il n’y aura que 465 survivants. La catastrophe est l’une des plus grandes de l’histoire maritime du Canada. Malgré quelques tentatives, l’épave ne pourra pas être renflouée et git toujours au fond du Saint-Laurent près de Rimouski. Elle est aujourd’hui classée comme bien historique et archéologique. Cette épave reste un témoignage de l’époque des grands navires transatlantiques de la Belle Époque.

28 mai 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

28 mai 1845 – Saint-Roch en feu

L'incendie de Saint-Roch par Légaré

L’incendie de Saint-Roch par Légaré

Les habitations d’un tiers de la population sont en ruines, et la plupart des incendiés ont tout ou presque tout perdu. Du faubourg Saint-Valier où il commença, l’incendie fut poussé par un gros vent d’est dans les parties les plus denses du faubourg Saint-Roch, qui bientôt devint  « une mer tempétueuse de feu » suivant l’expression de l’honorable rédacteur de la Gazette. Des flammèches furent portées dans le quartier du Palais et dans les rues les plus voisines du faubourg Saint-Jean, qui devinrent la proie des flammes. Le Canadien décrit ainsi l’incendie de ce 28 mai 1845 qui détruit le quartier Saint-Roch à Québec.

Le feu se déclare vers 11 heures du matin à la tannerie d’Osborne L. Richardson, sur la rue Arago, près de l’intersection de la rue Saint-Vallier. Il y a du vent et les flammes se propagent rapidement sur les toits environnants. Un changement de vent, de l’ouest au sud-ouest, et des torrents de pluie sauvèrent la Haute et la Basse-Ville, et la plus grande partie du faubourg Saint-Jean. Tout le reste de la cité, excepté une partie du faubourg Saint-Valier et quelques rues isolées du faubourg Saint-Roch, vers l’Hôpital-Général, est en cendres.

Le bilan sera très lourd pour le faubourg et pour la ville. L’incendie fera 50 victimes et réduira en cendres plus de 1 630 résidences ainsi que 3 000 boutiques et hangars. Les pertes sont estimées à 2 millions de dollars et 12 000 personnes se retrouvent sans logis. La ville ouvrira des écoles et des édifices publics comme logement d’urgence. À la suite de cet incendie, les autorités municipales réglementeront de manière plus stricte le choix des matériaux pour la construction dans les faubourgs de Québec.

27 mai 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

27 mai 1838 Lord Durham devant Québec

Lord Durham

Lord Durham

On ne peut guère concevoir nationalité plus dépourvue de tout ce qui peut vivifier et élever un peuple que les descendants des Français dans le Bas-Canada, du fait qu’ils ont gardé leur langue et leurs coutumes particulières. C’est un peuple sans histoire et sans littérature. L’heure n’est pas encore à ses conclusions lorsque le Hasting arrive, ce 27 mai 1838, devant Québec. À son bord, John George Lambton, comte de Durham, a déjà une idée de la situation qu’il va trouver dans la colonie où les Canadiens-français viennent de se rebeller.

Il attendra deux jours avant de mettre le pied à terre, le temps qu’on lui prépare une cérémonie fastueuse pour célébrer son arrivée. En février 1838, le Parlement britannique avait suspendu la constitution du Bas-Canada suite aux événements de la fin 1837. Il veut une enquête sur la situation et nomme lord Durham pour la mener. Ce diplomate qui vient d’enquêter sur la révolte des Polonais lors d’une mission à Saint-Pétersbourg à la réputation d’être libéral. Sa réputation et son intégrité l’ont précédé et les Canadiens le reçoivent chaleureusement.

Il ne restera pourtant que 6 mois au Canada. Ses premières mesures d’amnistie générale pour les moins coupables et d’exil temporaire des principaux leaders comme Papineau sont assez bien accueillies par les Canadiens, beaucoup moins bien en Angleterre. Apprenant en septembre que sa politique est désavouée par Londres, il demande son congé et décide de rentrer. Mais ses consultations lui ont permis de prendre la mesure de la situation et de préparer son rapport. Sa publication en février 1839 mettra fin aux illusions des francophones. L’Acte d’Union se prépare.

 

26 mai 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

26 mai 1603 – Champlain à Tadoussac

La grande tabagie de Tadoussac

La grande tabagie de Tadoussac

Samuel de Champlain et le capitaine François Pontgravé débarquent à Tadoussac ce 26 mai 1603. Parti le 15 mars de France, la Bonne renommée aura mis 10 semaines pour traverser l’Atlantique, mais Champlain écrira que ce fut un heureux voyage. Il ramène avec lui deux Montagnais qui avaient séjourné en France durant une année. Champlain veut utiliser cette expédition pour établir de bonne relation avec les autochtones et jeter les bases d’une fructueuse collaboration avec la colonie qu’il rêve d’installer sur le Saint-Laurent.

La mode en Europe est au chapeau de castor, la traite des fourrures devient un commerce de plus en plus important. De nombreux marchands veulent acquérir le monopole. Le roi Henri IV accordera à Pierre Chauvin un monopole de commerce pour la région de Tadoussac. Celui-ci fait un voyage en 1600 et laisse 16 hommes pour hiverner à cet endroit. Seuls cinq survivront au premier hiver. Pontgravé veut poursuivre l’oeuvre en 1603 et s’associe à Samuel de Champlain qui a pu visiter les colonies espagnoles du Nouveau Monde entre 1599 et 1601.

Champlain est convaincu qu’une bonne entente avec les indigènes est gage de succès. Elle est nécessaire à la bonne marche du commerce. Il veut construire une Nouvelle-France sur un autre modèle que les colonies espagnoles qui traitent les indigènes comme des sous-hommes. Au lendemain de son arrivée à Tadoussac, la chance est avec Champlain qui peut assister à une grande Tabagie. Son sens diplomatique lui permettra de sceller une alliance avec le chef montagnais Anadabijou. Ce sera le point de départ de l’Amérique française.

5 ans au Québec – épisode 21

Filed under: k. poésie — vslibre @ 7 h 40 min
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Capitale fédérale

La bibliothèque du parlement est un vrai bijou.

« Arrête la voiture, je vais descendre ici.Regarde-moi cette file,tu vas avoir le temps de stationner tranquillement avant de me rejoindre. » La queue s’étend sur plusieurs centaines de mètres le long de l’avenue Wellington. Une grosse heure plus tard, je tiens enfin mes précieux sésames dans les mains. Nous visiterons le parlement d’Ottawa à 11h10.

Nous ne sommes pas seuls en ce dimanche, la longue fin de semaine de la fête de la Reine a attiré du monde dans la capitale fédérale. Même si le festival des tulipes touche à sa fin les jardins de la ville sont encore bien fleuris. Une tulipe spéciale 150 ans de la Confédération canadienne a même été créée.

Notre patience est récompensée,les couloirs du parlement s’offrent à nous après une fouille rigoureuse digne des aéroports les mieux sécurisés. La fusillade de 2015 est encore fraîche dans les mémoires. Mélanie, notre guide ne nous en parlera pas. Elle va plutôt nous faire découvrir les méandres de l’adoption d’une loi sur le chocolat en parcourant les diverses salles du parlement.

Si la verte chambre du peuple, la salle des communes où siègent les députés et les ministres ne se laissent qu’entrevoir à travers des vitres, le sénat est beaucoup plus accessible. Impossible de s’asseoir sur les fauteuils rouges, mais au moins nous pouvons entrer dans ce cénacle.

Je resté bouche bée devant le bijou de ce parlement : sa bibliothèque. J’aurai presque envie de faire de la politique fédérale juste pour avoir accès à ces trésors. Les boiseries finement ciselées,les livres précieusement reliés, les bureaux aux sous-main précieux, les sièges capitonnés, tout concorde à la bibliothèque de mes rêves. La fine silhouette d’une jeune reine Victoria surveille l’ensemble avec classe.

Rien que pour ça, je reviendrai à Ottawa. Je dois avouer que je suis aussi tombé sous le charme du Canal Rideau. Nous l’avons parcouru samedi sur un bateau électrique qui glissait silencieusement sur les flots. Difficile de croire que ce havre de paix avait originellement une vocation militaire. Il devait fournir une voie plus sécuritaire entre Montréal et le lac Ontario. Plus au nord que le Saint-Laurent, il était éloigné de la menace américaine.

La guerre de 1812-1815 est bien loin aujourd’hui et l’invasion américaine plus pacifique. Une autre belle surprise de mon séjour dans la ville fédérale a été l’usage du français. On me répondait dans cette langue plus facilement que dans certains coins de Montréal. Vous me direz que Gatineau et le Québec sont juste de l’autre côté de la majestueuse rivière des Outaouais.

Samedi soir, les sénateurs d’Ottawa n’ont pas fait honneur à la majesté de leur ville, ils ont été écrasés par les pingouins du dieu Crosby, mais contrairement aux Canadiens de Montréal, ils ont été dans la course pour la coupe Stanley jusqu’à l’avant-dernière étape. Je n’ai pas vécu cette déception en symbiose avec la ville, le printemps de la capitale m’a rappelé que je détestais cette saison.

Mes allergies me l’ont rappelé. J’ai dû quitter plus tôt que prévu cette capitale choisie au milieu de nulle part en 1857 par la reine Victoria pour départager les autres prétendantes à ce titre. J’ai retrouvé Lévis et sa clinique où j’ai passé mon lundi des Patriotes. Eh oui, les Québécois ne veulent pas fêter leur reine, mais comme ils ne veulent pas perdre un jour de congé, ils ont trouvé un autre prétexte pour faire la fête…

Pour plus de photos cliquez ici

La visite du parlement se mérite.

 

 

 

Il y a 150 ans dans le Confédéré… dimanche 26 mai 1867

Filed under: c. calendrier historique du Valais — vslibre @ 3 h 00 min
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Commission de gestion et maison de détention, fait divers anniviard et avis divers…

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25 mai 2017

150 ans de la confédération canadienne – Histoire littéraire francophone

Filed under: e. Auteurs québécois — vslibre @ 10 h 30 min
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Jacques Ferron (1921 – 1985)

ferron-portraitNé à Louisville le 20 janvier 1921, Jacques Ferron suivra des études classiques au collège au collège Jean-de-Brébeuf à Trois-Rivières. Malgré deux renvois, il obtient son diplôme, puis poursuit ses études à l’Université Laval. Il sera docteur en médecine en 1945. Il débutera sa carrière de médecin à l’armée, puis s’établira deux ans en Gaspésie avant de revenir à Montréal. Il passera une grande partie de sa vie médicale à Ville Jacques-Cartier, aujourd’hui Longueuil.

Ce sera le médecin qui entretiendra l’écrivain. Je serai mon propre mécène… Jacques Ferron se définit lui-même ainsi. Il se met à écrire activement depuis 1948. D’abord pour le théâtre avant d’explorer l’univers des contes et des romans. Il publiera plus d’une trentaine de titres et collaborera activement à diverses revues.

Il donnera également un volet politique à sa démarche. Il sera un militant indépendantiste et socialiste. Il tentera d’apporter sa médiation lors de l’arrestation de trois membres du Front de libération du Québec, recherchés pour l’enlèvement de Pierre Laporte. Ses écrits auront également un volet politique. Jacques Ferron meurt le 22 avril 1985 à Longueuil à la suite d’un arrêt cardiaque.

Les confitures de coings (1972)

ferron-livreFrançois Ménard s’enfonce dans la nuit. Il a rendez-vous avec Frank Archibald Campbell. Un coup de fil étrange déclenche l’aventure. Elle va l’entrainer dans les méandres de la ville nocturne. Pensant à une erreur, il fait une farce à son interlocuteur et lui donne rendez-vous à une adresse à Montréal. Il doit lui amener un cadavre.

François emporte avec lui un pot de confiture de coings préparé par sa femme Marguerite. Il ne veut pas la réveiller, pour ne pas l’inquiéter. Il prend un taxi et apprend alors que l’adresse du rendez-vous est la morgue de Montréal. Il y retrouve un colosse aux accents anglophones connu dans son enfance.

La rencontre est violente, mélange de force brute et de souvenirs irréels. Le passé se mélange au présent. La vérité, la réalité et le rêve s’entremêlent. Frank finira par mourir après avoir mangé la confiture de coings et François rentrera paisiblement chez lui. Il se réveille auprès de sa femme, se prépare comme d’habitude pour aller travailler. Il a juste un peu vieilli durant la nuit.

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

25 mai 1995 – Les Nordiques vendus

La Une du Soleil sur le départ des Nordiques

La Une du Soleil sur le départ des Nordiques

Les nouvelles exigences de l’industrie du hockey, la taille du marché de Québec et l’absence d’une aide gouvernementale adéquate sonnent le glas des Nordiques de Québec. L’annonce, ce 25 mai 1995, de la vente du club de hockey de la Capitale nationale vient assommer les fans de la région. Marcel Aubut, un des propriétaires, annonce en conférence de presse que les Nordiques ont été vendus au groupe américain Comsat Video pour la somme de 75 millions de dollars américains. L’équipe devient l’Avalanche du Colorado et prend la direction de Denver.

Les Nordiques de Québec ont été créés en 1972 et faisaient partie de l’AMH, l’Association mondiale de hockey, une ligue concurrente de la Ligue nationale de hockey (LNH). Les deux ligues fusionneront en 1979 et les Nordiques poursuivront leur carrière dans la compétition la plus prestigieuse du monde du hockey. Avez-vous toujours de l’intérêt pour nous? Nous sommes prêts! Ces quelques mots de Peter Stasny adressé par téléphone à Marcel Aubut lancent une rocambolesque évasion qui va permettre de voir les trois frères Peter, Anton et Marian jouer pour les Nordiques après leur évasion de la Tchécoslovaquie.

Le printemps 1995 est celui de tous les espoirs sportifs, les Nordiques terminent en tête de l’Association de l’Est. Ça sent la coupe Stanley à Québec. Malheureusement, le 16 mai le rêve prend fin avec l’élimination face aux Rangers de New York. Quelques jours plus tard, le couperet tombe et c’est l’Avalanche du Colorado qui gagnera la coupe Stanley dès la saison suivante. Les dirigeants de l’époque voulaient un nouveau Colisée. Il ouvrira ses portes en 2015, vingt ans après la vente de l’équipe.

24 mai 2017

150 ans de la Confédération canadienne – Calendrier historique

24 mai 1867 – Déclaration royale

Armoiries du Canada avec la devise A MARI USQUE AD MARE.

Armoiries du Canada avec la devise A MARI USQUE AD MARE.

Un bill privé unissant deux ou trois hameaux, ainsi est vue la loi qui obtient la sanction royale ce 24 mai 1867. L’Acte de l’Amérique du Nord britannique qui entrera en vigueur le 1er juillet suivant ne suscite pas beaucoup d’intérêt au parlement de Londres. Certains parlementaires anglais évoquent même la possibilité de céder le Canada aux États-Unis. La délégation qui représente les différentes colonies britanniques d’Amérique du Nord arrivera à convaincre que leur constitution leur permettra de se développer.

Le ministère anglais a laissé aux Canadiens le soin d’élaborer à leur gré leur nouvelle constitution et n’apportera aucun changement. La proclamation royale, dernière étape du processus législatif, consacre l’existence du nouveau dominion qui prend le nom de Canada. Colombie, Cabotie ou encore Boréalie sont les autres noms évoqués, mais Canada retiendra les suffrages de la majorité des parlementaires. Le gouvernement britannique garantit aussi un emprunt de trois millions de livres pour la construction d’un chemin de fer intercontinental.

Et dominatur a mari usque ad mare, Qu’il domine d’une mer à l’autre, le psaume 72 de la bible donne la devise du pays communément traduite par: d’un océan à l’autre. C’est bien ce qui a motivé la constitution de la Confédération canadienne. La volonté d’avoir un chemin de fer qui relie ces deux océans aura pesé lourd dans la balance au moment de convaincre les différentes colonies d’adhérer au nouveau dominion qui pourra, dès le 1er juillet 1867, voler de ses propres ailes, Londres ne conservant qu’un pouvoir symbolique sur la constitution.

 

 

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