Valais Libre

17 juillet 2018

366 histoires suisses

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17 juillet – Des têtes tombent à Berne (1749)

Les adieux de Samuel Henzi

Si je savais que mes enfants ne dussent pas un jour venger le sang de leur père, les flots de l’Aar les engloutirait à l’instant ! Ce cri est celui d’une femme qui vient de devenir veuve. Son mari, Samuel Henzi est décapité ce 17 juillet 1749 à Berne en compagnie de Emanuel Fueter et Niklaus Wernier, deux autres conjurés tombés sous l’intransigeance de Ces Messieurs de Berne.

Coupable d’avoir fomenté une révolte pour prendre l’Hôtel de Ville, Samuel Henzi a été arrêté alors qu’il voulait quitter la conjuration devant son manque de préparation, son amateurisme et les dissensions internes. Un traitre dissimulé parmi eux fait arrêter ceux qui ne réussissent pas à s’enfuir. Ce sera la fin pour ce révolutionnaire un peu malgré lui.

Né à Bümpliz au début du 18e siècle, Samuel Henzi est fils d’un pasteur de campagne d’origine patricienne. Après un séjour en Italie au service du duc de Modène, il rentre à Berne à l’âge de 42 ans. Il devient précepteur et se lie avec un groupe de bourgeois qui rêvent d’une organisation politique plus ouverte.

En 1744, il est l’auteur d’une série de libelles demandant des changements dans l’élection du Grand conseil et l’accès au Gouvernement. Il est banni de la ville pour cinq ans. Henzi s’installe alors à Neuchâtel où il trouve un milieu intellectuel qui nourrit sa contestation. Il rentre à Berne en 1748 où il trouve un emploi à la bibliothèque de la ville.

Il est contacté par un groupe de conjurés composés d’artisans et de petits entrepreneurs. Ils le convainquent de leur prêter sa plume. Samuel Heinzi jette sur le papier une nouvelle organisation politique plus ouverte pour Berne. Une conjuration est esquissée au début de l’été 1749, mais elle est trahie par un étudiant en théologie.

Henzi et deux autres chefs sont condamnés à mort et les autres bannis. Les idées réformatrices sont brutalement stoppées, mais le patriciat de Berne tombera à son tour quarante ans plus tard.

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16 juillet 2018

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16 juillet – Paix avec l’Autriche (1394)

Ce 16 juillet 1394, la trêve de sept ans obtenue après les victoires de Naefels et de Sempach devient une paix pour vingt ans. L’Autriche abandonne officiellement toutes ses prétentions sur les pays confédérés. Un siècle après le pacte de 1291, l’indépendance de la Suisse s’affirme dans le cadre de l’Europe de l’époque.

On peut employer le terme de Suisse, car depuis quelques années, il apparaît dans les chroniques. Provinciam quae dicitur Sweiz, écrit un chroniqueur allemand vers 1350. Province appelée Suisse, le canton de Schwyz donne son nom à l’ensemble de l’alliance et montre l’importance accordée aux petits cantons campagnards dans la Confédération.

Si des villes, Lucerne, Berne, Zurich sont venus rejoindre les Waldstätten, ceux-ci demeurent le centre de l’alliance. Le Gothard et les échanges qu’il génère demeurent la clé de voûte de la Confédération. En renonçant à ces territoires, l’Autriche ne peut que constater son échec militaire. Elle se tournera vers la Souabe pour redorer son blason. Avec ses victoires à Döttingen et à Worms en 1388, l’Autriche coupe définitivement les liens entre la Souabe et la Confédération.

Il y aura bien quelques tentatives plus tardives, mais dès 1394, le Rhin devient la frontière naturelle au nord de la Suisse.

15 juillet 2018

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15 juillet – Gottfried Keller (1890)

Gottfried Keller

C’est un parchemin vierge que le temps,
chacun y écrit avec son propre sang, jusqu’à ce que l’emporte le courant…Le courant emporte l’auteur de ces vers ce 15 juillet 1890. Gottfried Keller décède à la veille de son 71e anniversaire. Zurich est la ville du poète et romancier qui restera un des grands classiques de la littérature suisse de langue allemande.

Orphelin de père à 5 ans, Gottfried est élevé par sa mère. Malgré le remariage de celle-ci, l’enfant se verra toujours comme un marginal. À 14 ans, il est renvoyé de l’école cantonale pour indiscipline. Il veut devenir peintre-paysagiste. Après un apprentissage à Zurich, il passera quelque temps à Munich pour parfaire son art. Il ne se trouvera pas assez de talent dans ce domaine.

De retour en Suisse, il s’intéresse à la politique et rédige des poèmes politiques. Il séjournera à Berlin en 1850, son talent littéraire s’affirme, même s’il vit dans la misère. À son retour à Zurich en 1855, il publie Henri le Vert, roman autobiographique, roman de formation qui est salué par les critiques. En 1861, il devient premier chancelier d’État du canton de Zurich et publie moins jusqu’en 1876 où il quitte ses fonctions.

Homère helvétique, qui crée une image de son peuple dont la valeur demeure sur un plan plus élevé que la réalité immédiate… Gottfried Keller sera aussi un peintre de la nature reconnu par les siens. Depuis 1922, chaque deux ou trois ans, le prix Gottfried Keller est le plus ancien prix littéraire de Suisse.

14 juillet 2018

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14 juillet – Drame au Cervin (1865)

Chute au Cervin

Il est 13h40, ce 14 juillet 1865 peut entrer dans l’histoire de l’alpinisme. Édouard Whymper a réussi son pari, le Cervin est vaincu. Le célèbre guide de Chamonix Michel Croz fait équipe avec l’anglais qui est accompagné par trois compatriotes. Les guides de Zermatt Peter Taugwalder père et fils font l’ascension avec eux. Ce formidable succès sera vite terni par un drame terrible.

Lors de la descente, le jeune anglais Hadow perd l’équilibre et glisse dans l’abîme. Il entraîne avec lui ses compatriotes Hudson et Douglas ainsi que le guide de Chamonix Michel Croz. Whymper et les Taugwalder échappent miraculeusement à la chute mortelle. La corde casse juste devant eux. Le Cervin a été vaincu, mais il reste le maître.

Cette tragédie sera une des plus commentées du XIXe siècle. Whymper est un alpiniste aguerri, Croz avait la reconnaissance des siens à Chamonix et une réputation de prudence extrême. On soupçonnera le père Taugwalder d’avoir sectionné la corde pour se sauver. Il sera disculpé par Whymper qui présentera le bout de corde restant qui montre bien que c’est un accident.

Whymper parlera de ses expéditions dans les Alpes dans un livre: Escalades dans les Alpes de 1860 à 1869, illustré par des gravures de sa composition qui paraît en 1871. Il poursuivra ensuite ses explorations au Groendland, en Amérique du Sud et dans les Rocheuses. Il mourra le 19 septembre 1911 à Chamonix.

13 juillet 2018

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13 juillet – Bâle entre en Suisse (1501)

Port de Bâle

Les délégués de tous les cantons helvétiques pénètrent en grande pompe dans la cathédrale de Bâle. Le Conseil et les bourgeois de Bâle les accompagnent. Après la grand-messe, sur la place du marché, on lit le pacte d’alliance. Dès la prestation de serment réciproque, toutes les cloches de la ville sonnent à toute volée. Ce 13 juillet 1501, Bâle est solennellement reçu comme nouveau canton de la Confédération.

Hieronymus Froben qui deviendra un imprimeur célèbre, est le premier bébé de la ville né Suisse. Il aura comme parrains tous les envoyés helvétiques. Les pauvres sont nourris gratuitement, des prisonniers sont graciés. La ville fête dans la joie cette nouvelle alliance pleine de promesses de paix et de prospérité.

Les Bâlois sont proches depuis longtemps de la Confédération, mais, jusqu’ici, ils ont privilégié les alliances de circonstance. Tantôt proche des villes souabes ou rhénanes, tantôt associé à l’Autriche ou aux Républiques de la vallée de l’Aar, Bâle pratique une politique de neutralité et d’équilibre qui lui permet d’exploiter au mieux sa situation géographique et les avantages commerciaux qui en découlent.

Les Guerres de Souabe ont menacé la ville jusque sous ses remparts. Le parti favorable depuis longtemps à un rapprochement avec la Confédération profite de cette occasion pour convaincre de sacrifier une part d’indépendance contre la sécurité. Mais les discussions avec les Confédérés ne sont pas simples. Les Waldstätten veulent garder leurs privilèges à la Diète alors que les Bâlois veulent l’égalité qui finalement l’emportera.

Avec Schaffhouse qui entre la même année dans la Confédération, les frontières nord de la Suisse sont fixées. Le canton de Bâle sera séparé en deux demi-cantons en 1833.

12 juillet 2018

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12 juillet – Rodolphe II de Bourgogne (937)

Berthe de Souabe

La bonne reine Berthe pleure. La veille, son mari, Rodolphe II de Bourgogne est mort. Dans quelques jours, il reposera à Saint-Maurice d’Agaune où son père Rodolphe Ier a fondé la dynastie des rois de Bourgogne en 888. Dès ce 12 juillet 937, Conrad III, dit le Pacifique, succède à son père à la tête du royaume des Deux-Bourgognes.

Cette seule dynastie installée en terre helvétique découle du partage de l’Europe après la mort de Lothaire Ier, le petit-fils de Charlemagne. La Lotharingie se désagrège. Rodolphe, duc de Bourgogne se fait proclamer roi de Bourgogne le 21 janvier 888. À la mort de son père en 912, Rodolphe II cherche à étendre son territoire du côté de l’Alémanie.

La campagne ne sera pas un succès militaire, mais après la paix de 919, il épouse Berthe, la fille de son adversaire le duc de Souabe. Celle-ci marquera l’histoire du pays. Le bon temps que la reine Berthe filait... restera synonyme du bon vieux temps. Mais si la reine symbolise la paix et le calme, il en va tout autrement de son mari.

Après sa campagne en Alémanie, il est appelé en Italie par des nobles pour chasser leur roi. En 922, il est couronné roi d’Italie, mais trois ans plus tard, c’est lui qui est chassé par Hugues d’Arles. Il fera la paix avec celui-ci, lui abandonnant l’Italie, mais gardant en échange la vallée du Rhône, la Basse-Bourgogne, réunissant ainsi les Deux-Bourgognes qu’il transmet en héritage à son fils Conrad.

11 juillet 2018

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11 juillet – Les flagellants (1349)

Les flagellants

Voici venir la troupe des pénitents; le Christ lui-même marche vers Jérusalem, il porte une croix en la main; que le Sauveur nous soit en aide! Voici que va commencer la pénitence. Seigneur, par le sang que tu as répandu sur la croix, viens-nous en aide, nous que tu as laissés dans la misère … Par ce chant les flagellants faisaient leur entrée en ville.

Maître Frisch Closener, observateur attentif, décrit le passage de ces pèlerins ce 11 juillet 1349, dans sa ville de Bâle. Les cloches sonnaient à l’arrivée des flagellants revêtus tous du même manteau arborant une croix rouge. Après une cérémonie à l’église, ces pénitents étaient reçus par les bourgeois de la ville qui les logaient et les nourrissaient pour participer aux bénédictions qu’apporte une si profonde repentance.

Le lendemain, aux portes de la ville, les flagellants s’accusent des pires péchés symbolisés par leurs gestes. Puis le maître de cérémonie commence la flagellation qui se répand de pénitents à pénitents. Devant tant de piété, beaucoup sont impressionnés et une centaine de Bâlois se joint à la troupe qui repart sur les chemins.

Né au treizième siècle en Italie, au moment des famines et de la peste, le mouvement des flagellants reprend de la vigueur en Hongrie et au sud de l’Allemagne en 1348 avec l’apparition de la peste noire. L’Église ne verra pas d’un très bon oeil les flagellants. Le pape Clément VI condamne leurs excès dans une bulle en octobre 1349.

Un premier bûcher en 1368 mettra fin au règne de leur chef. L’Inquisition se chargera ensuite de la répression et organisent des bûchers principalement en Allemagne jusqu’en 1480.

10 juillet 2018

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10 juillet – Convenant de Sempach (1393)

De même, en l’honneur de Notre Dame et afin qu’elle répande sur nous sa grâce, et nous garde et protège contre tous nos ennemis, nous interdisons aussi à n’importe lequel d’entre nous portant des armes de tuer, frapper ou traiter brutalement une femme ou une jeune fille; à moins qu’elle ne pousse des cris qui pourraient rendre service à nos ennemis …

Le septième point du Convenant de Sempach, signé ce 10 juillet 1393, inspirera le surnom de « Charte des Dames » donné à ce traité. Mais au-delà de cette anecdote, le Convenant qui réunit pour la première fois le sceau des huit cantons, marque une étape décisive dans la constitution de la Confédération. Ces règles codifient les comportements sur les champs de bataille.

Après la victoire de Sempach, des traités de paix avaient réduit les tensions avec l’Autriche en 1387 et 1389. Mais le 4 juillet 1393, Zurich passe une alliance avec l’Autriche. Immédiatement, les autres cantons favorisent un coup d’État contre le bourgmestre proautrichien. Zurich reste dans le giron de la Confédération, mais demande, en contrepartie une meilleure discipline sur les champs de bataille.

Interdiction de voler les Confédérés et les marchands, unités des troupes, justification des actions armées, règlementation du pillage et du partage du butin, protection des blessés, des églises et des femmes, le contenu du Convenant jette une lumière crue sur les moeurs de guerre de cette époque.

Une année plus tard, à l’instigation de la ville de Zurich, les Confédérés concluent avec le duc d’Autriche une paix de vingt ans.

9 juillet 2018

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9 juillet – Sempach (1386)

Winkelried à Sempach

Prenez soin de ma femme et de mes enfants !… Ces derniers mots d’Arnold von Winkelried et son action héroïque et décisive font partie des mythes fondateurs de la Suisse. En se jetant sur les lances ennemies, en sacrifiant sa vie pour ouvrir une brèche, a-t-il vraiment fait la décision ce 9 juillet 1386 lors de la bataille de Sempach ?

Rien n’est sûr, même pas son existence. Ce n’est que deux siècles après la bataille que ce récit apparait dans les chroniques helvétiques. Le mythe a encore été renforcé tout long du XIXe et du XXe siècles. La Confédération moderne naissante avait besoin de figures tutélaires pour sceller l’unité du pays. La bataille de Sempach et son héros pouvaient incarner la devise un pour tous, tous pour un…

Ce qui est sûr, c’est que la victoire de Sempach est une étape importante de la Confédération. L’arrivée de Berne et Zurich, après Lucerne, donne une assise de plus en plus grande aux Confédérés. Cette alliance anti-habsbourgeoise énerve un peu le duc Léopold III de Habsbourg. Il profite des avancées de Lucerne qui emportent diverses positions ducales en 1385 pour monter une armée afin de donner une leçon aux rebelles.

Il rassembla ses troupes, composées de chevaliers souabes, alsaciens, argoviens, thurgoviens et tyroliens, de mercenaires italiens, français et allemands, ainsi que de représentants des élites urbaines d’Allemagne du Sud, près de Brugg, ce qui fit penser qu’il porterait son attaque contre Zurich. Lucerne et les Waldstätten accourent donc dans cette direction pour porter secours à la ville alliée.

Apprenant que le duc vise plutôt Lucerne, les Confédérés font demi-tour et se trouvent face à l’armée de Léopold aux abords de Sempach. La confrontation semble inégale, mais les lourdes armures des chevaliers autrichiens ne peuvent rien contre la furia des hallebardiers helvétiques. Winkelried ou pas, Léopold III trouva la mort et son armée fut décimée.

8 juillet 2018

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8 juillet – Tir fédéral (1824)

Resserrer toujours plus les liens qui unissent les Suisses les uns aux autres ; augmenter la force de la patrie par l’union et des relations plus intimes entre ses membres ; et en même temps contribuer au progrès et au perfectionnement de l’art du tir si noble en lui-même et d’une si grande importance pour la défense de la Confédération…

Voilà le but exprimé dans le premier article des statuts de la Société suisse des carabiniers fondée ce 8 juillet 1824 à Aarau. C’est à l’occasion du premier tir fédéral que cette société voit le jour. Deux ans plus tôt, lors du tir cantonal d’Argovie, l’idée d’un tir fédéral est émise afin de fédérer les différentes sociétés de tir de la Confédération.

La tradition du tir remonte bien plus haut dans l’histoire du pays. Pierre II de Savoie aurait fondé en 1255 la noble confrérie des archers de Berne. Une rencontre de tireurs provenant de plusieurs cantons se déroule à Soleure en 1378. Fribourg en accueillera en 1412 et 1416. Archers et arbalétriers se retrouvent ainsi presque chaque année.

Avec l’apparition des armes à feu, les rencontres continuent. En 1483 à Frauenfeld, les participants peuvent choisir entre la poudre et la corde. Zurich accueille en 1504 un grand tir international. On y accourt de Cologne, de Venise, des Flandres ou encore d’Autriche. C’est la dernière grande rencontre du type. La Réforme va couper la Confédération en deux et rendre impossibles les rencontres générales.

Ce n’est qu’au XIXe, après l’épisode de la République helvétique, que les sociétés vont renaître. Le 8 juillet 1824, un nouvel élan est donné. Le tir reste un trait d’union dans la Confédération qui a traversé les époques et les régimes.

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