Valais Libre

20 novembre 2018

366 histoires suisses

20 novembre – Pictet de Rochemont (1815)

Charles Pictet de Rochemont

Le berger de Lancy est assis sur une charrue, son habit sur l’épaule. Ce 20 novembre 185, il parle en patois, il rit avec ses amis paysans. Il a travaillé dur, pas seulement dans les champs. Quelques semaines auparavant Charles Pictet de Rochemont était à Vienne. Il discutait avec les grands d’Europe.

Son habileté a permis à Genève de se rattacher à la Confédération. Il a su brillamment faire concorder l’intérêt de la Confédération avec l’intérêt de la République genevoise. Renonçant à un exil en Amérique où il rêvait de faire de grandes choses, il a suivi le vœu de son père. Il a servi dans le régiment de Diesbach au service de la France.

Rentré au pays, il a fondé un domaine modèle à Lancy. Il s’est difficilement laissé convaincre par les autorités de quitter sa quiétude paysanne pour servir la diplomatie helvétique à Vienne. La Diète l’honorera et il aura droit à la reconnaissance et à l’estime sacrée du pays.

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19 novembre 2018

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19 novembre – Un chroniqueur aventurier (1483)

Chronique lucernoise de Diebold Schilling

Le chapelain qui est nommé à Lucerne en ce 19 novembre 1483 n’est pas un inconnu. Son oncle et son père sont également des chroniqueurs qui ont traversé les temps. Mais Diebold Schilling est avant tout un mauvais garçon.

Il a assisté son père secrétaire à la diète de Stans deux ans plus tôt, puis il a étudié la théologie à Bâle, peut-être avec un fils de Nicolas de Flue, mais il ne reste aucune trace de ces deux jeunes qui semblaient turbulents.

Impliqué dans une affaire de diffamation, puis dans un meurtre qui lui vaudra de donner une messe annuelle à la mémoire de la victime, Diebold est mis un peu à l’écart par les autorités lucernoises. Il ira bourlinguer du côté de la Hongrie. Il se liera d’amitié avec l’empereur Maximilien qui règne sur le Saint-Empire.

Rentré à Lucerne, il rédige sa chronique, Luzerner Schilling, qui brosse un portrait de la région tant par les événements officiels que par de petits faits divers. Il rêvera de finir sa vie dans une prélature milanaise, mais la défaite de Marignan déjouera son vœu juste avant sa mort le 3 décembre 1515.

18 novembre 2018

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18 novembre – Paris accueille la Suisse (1663)

Des Suisses rendent hommage à Louis XIV

Notre-Dame a revêtu ses plus beaux atours. L’église parisienne est couverte d’ors et de soieries pour accueillir les délégations des 13 cantons suisses et leurs alliés. L’alliance signée le 24 septembre à Soleure est jurée solennellement devant le roi Louis XIV, ce 18 novembre 1663.

36 députés et 87 attachés soigneusement choisis parmi la jeunesse helvétique vivent depuis plus d’une semaine les fastes de la capitale française. Rien ne leur est épargné. Ils sont reçus par les plus grands du royaume : Turenne, Condé, Philippe d’Orléans. Le Maréchal Gramont leur propose une pièce de théâtre, Sganarelle est joué par son auteur, Molière.

Le 11 novembre le roi qui deviendra Soleil les reçoit au Louvre. Les députés auront l’insigne honneur de toucher la main du roi qui leur lève son chapeau. Tout Paris les admire et les applaudit. Il faut dire que le roi a menacé de prison tous ceux qui oseraient se moquer de ses provinciaux habillés bizarrement.

Le roi a besoin des valeureux mercenaires confédérés. Ils sont prêts pour partir en campagne. La délégation est sous le charme, conquise. Elle rentrera au pays les yeux ensoleillés, mais en ayant oublié de réclamer les arriérés de paiements des troupes.

17 novembre 2018

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17 novembre – Naissance des Franches-Montagnes (1384)

Franches-Montagnes

Voulons et promettons par les présentes lettres que tout et chaque personne des deux sexes et venant et se transportant de seigneurie et domaine étranger pour demeurer dans ledit lieu, qu’eux et leurs héritiers soient et doivent être perpétuellement libres et libérés de tailles et impôts.

Imier de Ramstein, évêque de Bâle, veut encourager le peuplement des vastes forêts jurassiennes. Il donne ainsi le sol à qui le défrichera et promet des franchises à ceux qui s’y installeront. Ainsi le château de Muriaux ou Spiegelberg ne sera plus la seule trace vivante de cette région.

Cette charte du 17 novembre 1384 aura l’effet escompté. On ne tardera pas à voir arriver des pionniers qui vont défricher la forêt et faire naître des villages. Les Bois, les Emibois, s’inspirent de la forêt, les Esserts témoignent du défrichement, les Breuleux, les Enfers, le Crêt-Brûlé montre que le feu a permis leur naissance.

Assez rapidement, ces pionniers vont s’apercevoir que l’élevage du cheval est bien adapté à la région. Une race va naître et faire la prospérité de la région. Le marché de Saignelégier rassemblera, dès le XVe siècle des foules nombreuses. Les Franches-Montagnes ont découvert leur emblème.

16 novembre 2018

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16 novembre – Premier Conseil fédéral (1848)

Conseil fédéral – 1848

Jonas Fourrer de Winterthour (ZH), président, Henri Druey de Moudon (VD), Ulrich Ochsenbein de Nidau (BE), Martin Josef Munzinger d’Olten (SO), Stefano Franscini de Bodio (TI), Wilhelm Matthias Naeff d’Altstätten (SG), Friedrich Frey-Herosé d’Aarau (AG) : voilà la composition du premier Conseil fédéral élu par le Parlement le 16 novembre 1848.

Les nouvelles institutions sont en place. La Suisse entre pleinement dans son ère moderne. La guerre du Sonderbund, dernier épisode du conflit religieux, fut courte. Elle a vu l’écrasante victoire des cantons protestants. Leurs dirigeants ont eu la sagesse de ne pas écraser l’adversaire.

Traditionnellement gouvernée par une Diète et un canton directeur, le Vorort, la Confédération a vécu un demi-siècle de troubles après la Révolution française. La domination de Napoléon aura permis une certaine centralisation et une perte de pouvoir des cantons.

C’est ce processus que combattait aussi l’alliance du Sonderbund. La peur de perdre des pouvoirs cantonaux est forte, surtout chez les petits cantons. La nouvelle constitution fut un exercice d’équilibre périlleux.

La sagesse et la force morale de la première équipe gouvernementale seront prépondérantes pour faire accepter les nouvelles institutions. La mission sera réussie. Les sept premiers « sages » méritent bien leur nom.

15 novembre 2018

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15 novembre – Morgarten (1315)

Bataille de Morgarten

L’avant-garde des troupes de Léopold Ier de Habsbourg s’arrête. Ce 15 novembre 1315, la fière armée s’étale tout au long des deux kilomètres du lac d’Aegeri, au pied de la falaise. Soudain, un bruit sourd déferle de la montagne. Des pierres et des troncs plongent sur la troupe.

Les Confédérés avaient été avertis par une flèche salvatrice du passage de l’armée. L’effet de surprise sera parfait. Les paysans de la montagne vont décimer une armée 5 à 6 fois plus nombreuse. Les armures gênent les mouvements des Habsbourg, les chevaux sont affolés par les pierres plus grosses qu’un poing qui les frappent.

Les hallebardes finissent le travail, ceux qui tentent de s’enfuir par le lac seront irrémédiablement noyés. Léopold, le frère du nouvel empereur Frédéric échappe de justesse à la mort. Il pourra témoigner de la vaillance et de la cruauté de ces Waldstätten.

C’est la première fois que des paysans battent une armée féodale. Les Autrichiens étaient venus châtier ces gueux qui affirmaient leur liberté. Ce qui devait être une promenade de santé a tourné au cauchemar. Une nouvelle puissance est née au centre de l’Europe.

14 novembre 2018

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14 novembre – Un carillon à Genève (1748)

Carillon de la cathédrale Saint-Pierre – Genève

Le pendulier et marguillier Louis Simon se voit confier la tâche de remplacer l’horloge de la cathédrale Saint-Pierre à Genève. Le Conseil de Genève, en date du 14 novembre 1748, commande un instrument assez exceptionnel pour l’époque.

On lui donnera six cents écus et le vieil horloge. Le nouvel horloge marchera environ trente heures; il sonnera régulièrement les heures, les demies, les quarts. Il sera construit au dit horloge un carillon composé de sept airs différents, un pour chaque jour de la semaine, lequel précédera l’heure qui devra sonner peu après la fin du carillon; enfin l’horloge sera posé et fonctionnera dans une année à partir de ce jour.

La mission est claire, elle sera menée à bien. Louis Simon agrémentera son carillon d’airs joyeux qui, par un ingénieux système de cylindres, pouvaient être changés. Le carillon fut arrêté une première fois vers 1830. Mais un généreux legs permit de le restaurer une première fois en 1849 pour son centenaire.

Il chanta pour la dernière fois en 1931. Trop usé, ce carillon fut remplacé par l’actuel qui a permis de renouveler le répertoire.

13 novembre 2018

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13 novembre – Bataille de la Planta (1475)

Monument de la Catherine sur la place de la Planta

La nuit commence à poindre sur la haute vallée du Rhône. La noirceur naissante ne permet pas de distinguer clairement ce qui se passe. Le bruit des armes qui s’entrechoquent emplit l’air. Soudain, des cris, des hurlements se font entendre du côté de Savièse. C’est la débandade, les troupes savoyardes fuient dans la plaine marécageuse.

Ce récit, peut-être pas très réaliste, décrit la conclusion du chapitre de la domination savoyarde en Valais. Ce 13 novembre 1475, le duel des évêques tourne à l’avantage de Walter II Supersaxo. L’évêque de Sion vient de battre Jean-Louis de Savoie, évêque de Genève. Les troupes valaisannes vont, les jours suivants, repousser les Savoyards au-delà du défilé de Saint-Maurice.

Walter II Supersaxo a agi en véritable homme d’État. Profitant des troubles du début des guerres de Bourgogne, il s’est allié aux cantons de la Confédération. Il a fermé le passage des Alpes aux mercenaires lombards qui voulaient aller renforcer les troupes de Charles le Téméraire.

La Savoie, alliée à la Bourgogne, envahit le Valais. Elle veut régler ce problème et se retourner ensuite contre Berne. Le 10 novembre, la Morge est franchie, Savièse est saccagée. Le 12 novembre, les faubourgs de Sion brûlent. Le 13, c’est le choc. Malgré le déficit en hommes, les troupes de l’évêque de Sion résistent jusqu’à l’arrivée des renforts bernois.

12 novembre 2018

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12 novembre – Genèse du réseau ferroviaire (1849)

Alfred Escher

De tous les points cardinaux, des voies ferrées convergent vers la Suisse. La question se pose de savoir où et comment ces rails se rejoindront; déjà, l’on discute avec animation des moyens de contourner la Suisse. (…) nous courons le risque de demeurer une île déserte au cœur de l’Europe…

Alfred Escher, président du Conseil National, ouvre la session d’automne 1849 en partageant son souci de voir la Suisse rater son rendez-vous avec le chemin de fer. Il n’en restera pas aux mots, il déposera une motion, le 12 novembre 1849, qui demande au Conseil fédéral de tout mettre en œuvre pour construire rapidement des chemins de fer.

La motion sera acceptée et le Conseil fédéral fera appel à des spécialistes anglais de renom, dont Stephenson l’inventeur de la locomotive à vapeur, afin de développer le réseau helvétique. Ils proposent une croix ferroviaire avec Olten comme centre.

La question du maître d’oeuvre enflamme les débats. Finalement, des concessions seront données à des compagnies privées. En 1853, on comptera une douzaine de compagnies de chemins de fer. Elles prospèreront dans un premier temps, mais bien vite les difficultés financières les rejoindront. En 1902, les chemins de fer fédéraux (CFF) seront créés pour nationaliser une série de lignes privées proche de la faillite.

11 novembre 2018

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11 novembre – Grève générale (1918)

Grève à la Paradeplatz

La Première Guerre mondiale qui dure depuis 4 ans arrive à son terme. L’Europe est décimée. La Suisse épargnée par les combats ne l’est pas par la pauvreté et la dureté des temps. Les tensions entre profrançais et proallemand déchirent le pays. La révolution russe fait monter la pression pour des réformes sociales.

Le Comité d’Olten, formé au début de l’année par Robert Grimm et ses amis socialistes, négocie avec le Gouvernement. Prix du lait, service civil, conditions de travail, les conflits son nombreux. Le Comité d’Olten veut des moyens de lutte plus efficaces. Ils prévoient une grève générale pour le 9 novembre.

Le Conseil fédéral fait mobiliser la troupe pour assurer l’ordre. La situation est tendue, la grève est retardée. Le 10 novembre des tirs ont lieu à Zurich, un soldat est tué. Le Comité d’Olten demande alors la démission du Conseil fédéral, sinon ce sera la grève générale.

Elle est déclenchée le 11 novembre 1918 à minuit. Le Gouvernement reste ferme et demande à la population de respecter le gouvernement démocratique. L’armée fait régner l’ordre. Malgré la paralysie du pays, les autorités ne cèdent pas. Le 13 novembre, les dirigeants syndicaux plient. L’ordre de reprendre le travail est donné.

Quelques concessions ont été faites aux grévistes. Le Conseil fédéral qui promet de revoir la législation sur le travail et de fixer légalement la semaine de travail à 48 heures permet une avancée sociale… pendant ce temps l’armistice entre la France et l’Allemagne est signé, la Première Guerre mondiale est finie!

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